Mike Shabb s’expose sans filtre sur «Life Is Short»

Mike Shabb, août 2020

Pour entendre Mike Shabb, notre artiste Rap Keb du mois d’août, écoute Rap Keb!

 

Mike Shabb revient sur le contexte de création des neuf chansons de Life Is Short, un deuxième album en grande partie enregistré lors d'une retraite fermée à Mont-Tremblant avec les producteurs Danny Ill et VNCE Carter.

 

Repeat (produite par Danny Ill)

C’est le premier beat que Danny a fait lorsqu’on est arrivés au chalet. C’est un petit flexin’ track assez simple et relax, un peu comme pour mettre mon pied dans la porte et dire «yo je suis back». Fallait pas que ce soit trop deep en partant.

 

Slide (produite par Danny Ill)

Quand Danny a sorti ce beat-là, ça m’a fait penser à une chanson de Lil Tecca, qui venait tout juste de blow up. Je voulais faire un flow aussi clair et fluide que lui, sans avoir trop de punchs ou de changements de voix. Je voulais une vibe pareille d’un bout à l’autre de la chanson avec un hook qui reste en tête. C’est la chanson qui représente l’état dans lequel tu te réveilles après avoir bu trop de lean ou d’alcool le soir d’avant. Tu te raisonnes le matin et tu te dis que tu vas prendre ça plus relax aujourd’hui. Perso, je suis plus un fumeur qu’un buveur de lean, mais j’ai beaucoup d’amis qui sont sur ce shit-là. Cette chanson-là, c’est pour eux.

 

Focus (produite par Danny Ill)

Là, c’est un peu le contraire de Slide : je voulais essayer plein de flows et de patterns différents dans une seule chanson. Ça donne de quoi de super punché, un mélange d’influences et d’époques avec un message de motivation. On peut résumer ça par «focus on yourself» et «fuck ce que tout le monde dit».

 

Back Home (produite par Danny Ill)

Danny voulait vraiment aller vers un vibe 80’s avec des gros drums, des synths et des smooth chords. Au début, je le regardais construire le beat et j’étais pas trop sûr de ce que j’allais pouvoir faire là-dessus, donc je suis allé m’enfermer dans une pièce à côté pour écouter du Swae Lee, du Michael Jackson et du M.I.A. Je suis rentré all in dans la vibe, en reprenant des lines de M.I.A. sur Paper Planes. C’est ça qui m’a fait débloquer. J’étais vraiment dans un fou vibe, et ça m’a amené à écrire des trucs plus personnels. J’aime beaucoup Montréal, mais c’est sûr qu’à un certain moment, je vais devoir partir. Si je veux vraiment faire de la musique, je dois faire un move, mais no matter what, je vais toujours me rappeler les bons moments que j’ai passés ici.

 

Hesitate (produite par Mike Shabb)

Celle-là, je l’ai rec chez nous une couple de mois après le chalet. J’ai posté un extrait de la chanson sur Instagram et tout le monde a capoté. J’ai eu 500 reposts et 2500 likes! À ce moment-là, je me suis dit que c’était sûr qu’elle allait sur l’album. Elle a une vibe plus drill, LE mouvement rap qui pop ces temps-ci. Mais, perso, j’aime pas trop les mélodies super sombres typiques du drill, donc j’ai seulement gardé le pattern de drum habituel, en mettant des chords super smooths, un peu psychédéliques, dessus. Bref, c’est vraiment une bonne chanson pour fumer du pot.

 

Shine (produite par Danny Ill)

Le beat est très slow, donc ça fittait avec un vibe un peu plus intime. Ce sera sûrement pas un gros single, mais les vrais vont l’aimer. Ça parle de ma solitude, de ma copine, de son insécurité de sortir avec un rappeur. Être un artiste et être en couple, c’est fuckin’ tough. Y’a beaucoup de malhonnêteté, d’instabilité. De mon bord, j’essaie d’être la meilleure personne possible et de donner le meilleur de moi-même.

 

Jimmy Neutron (produite par VNCE Carter)

Je pense que ça va être un gros banger celle-là! C’est essentiellement la même recette que Big Bag, c'est-à-dire moi qui chante avec un high pitch et un hook accrocheur. On était vraiment high au chalet quand on l’a rec… Je pense qu’on a fumé deux ou trois onces de pot en trois jours! J’avais mal à la gorge...Et à un moment donné, j’ai commencé à buzzer sur Jimmy Neutron, un film que j’adorais quand j’étais jeune. C’est un personnage geek, un espèce de lab rat. 

 

Jacques Cartier (produite par Mike Shabb et VNCE Carter)

Celle-là a été enregistré au studio de VNCE, dans le temps qu’il organisait des sessions avec plein de beatmakers et d’amis. Cette fois-là, on devait être 20 dans le studio et, vers 3-4 heures du matin, il en restait quelques-uns, dont Kevin Na$h qui dormait sur le divan. VNCE avait fait une ligne de basse et jamvvis, des keys. On est rentrés dans une bulle, et je suis resté silencieux pendant une heure, à juste écrire des lines sur mon cell. Ça a donné un hommage à mon père, qui veille sur moi de là-haut. J’ai tenté de m’expliquer sa souffrance, les raisons de son suicide, et en rappant, j’ai un peu repris son énergie, sans même m’en rendre compte. Un peu comme si c’est lui qui parlait à travers mois. On a toujours été très proches, mon père et moi. C’est lui qui m’a introduit à la musique, et je l’ai toujours vu comme un Superman... comme mon héros. J’ai toujours été gêné de rapper des trucs deep devant des gens, et c’est probablement pour ça que j’ai enregistré mes tracks tout seul chez moi pendant aussi longtemps. Mais avec les bonnes personnes au bon moment, t’as pas peur de sonner ridicule. On était tous sur la même longueur d’onde.

 

Lonely (produite par Danny Ill)

Je la vois comme la suite de Jacques Cartier. D’ailleurs, ma mère m’a dit qu’elle pleurait sur ces deux chansons-là, car elles lui faisaient trop penser à mon père. C’est une chanson qui close un chapitre de ma vie avec son gros vibe 80s R&B. C’est un peu le stampede de l’album. Quand tu vas écouter Life Is Short, tu vas pogner de quoi en entendant cette pièce-là. 

 

Life Is Short (Make It Rain Records) - disponible depuis le 31 juillet

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