(La Presse canadienne)

On pourrait s'attarder sur le médiocre début de saison du CF Montréal en 2023, sur sa fin de campagne tout aussi mauvaise, d'un effort en demi-teinte lors d'un dernier match où l'enjeu était crucial, et de relations qui ont paru tendues avec certains joueurs. Toutefois, le licenciement de l'entraîneur-chef Hernan Losada s'explique peut-être davantage par une divergence de philosophie irréconcilaible avec celle que le club veut implanter.

Moins d'un an après son embauche, Losada a été congédié jeudi matin, même s'il lui restait au moins une autre année à écouler à son contrat. L'entraîneur-adjoint Sebastian Setti a également été relevé de ses fonctions.

Lors d'une mêlée de presse tenue en début d'après-midi au Centre Nutrilait, le vice-président et chef de la direction sportive, Olivier Renard, a fait allusion à tous ces éléments pour expliquer sa décision.

Il a été catégorique sur un point: ce ne sont pas les joueurs qui ont décidé.

«Vous avez vu lors du bilan (de fin d'année) qu'il y avait des joueurs qui étaient déçus. Mais là-dessus, je veux défendre le coach. Même lors de bonnes saisons, ce qu'on a connu avec Wil (Wilfried Nancy) aussi, il y avait des joueurs qui étaient déçus. Mais ils n'allaient pas se plaindre parce que la saison étalt tellement positive que c'est difficile de critiquer un entraîneur», a noté Renard, en rappelant qu'il relève de ses fonctions de prendre la température du vestiaire.

«Ce n'est pas une décision qui vient des joueurs, a-t-il aussitôt précisé. C'est beaucoup plus large que ça. C'est le style de jeu qu'on voulait faire, que je n'ai pas assez vu.»

Plus tard lors de son point de presse, Renard a donné l'impression qu'aucun rapprochement n'était possible, sur le plan sportif, avec Losada.

«Lors de toute la saison, on a parlé avec lui. Je sais qu'il y a eu des blessures importantes au début, et peut-être que les jeunes joueurs ne pouvaient pas savoir, directement, comment on voulait jouer. Mais je ne l'ai pas remarquée, cette façon. Je crois que les joueurs ont été clairs, aussi, lors du bilan», a relaté Renard.

«Ce sont des choses dont j'ai parlé avec le coach, et lors de mes discussions avec lui, après la saison, je n'ai pas eu ce sentiment qu'on pourrait partir du chemin où on a envie d'aller. C'est pour ça que j'ai pris cette décision que c'était mieux d'arrêter.»

 

Lors de son point de presse, Renard a aussi mentionné que sa décision n'était pas uniquement liée à l'exclusion du CF Montréal des éliminatoires de la MLS. Toutefois, Renard a laissé sous-entendre que l'effort de l'équipe, lors de sa dernière partie de la saison, n'avait pas répondu aux attentes. Il a parlé d'un «manque d'envie».

Avec un match au calendrier, le CF Montréal avait le contrôle de sa destinée dans l'Association de l'Est et avec une victoire contre le Crew de Columbus, il s'assurait de participer aux éliminatoires de la MLS.

Toutefois, l'équipe a livré une performance peu inspirée dans une défaite de 2-1. Quelques minutes plus tard, la formation montréalaise subissait l'élimination à la suite d'un but tardif des Red Bulls de New York, sur un penalty lors des arrêts de jeu.

«Ce qu'on a démontré à Columbus, pour moi, était révélateur sur la situation. Et ça, ça vient des joueurs, du personnel, de l'organisation. Je pense qu'on n'a pas tout donné pour pouvoir se qualifier nous-mêmes, et c'est pour ça que je dis que la grande faute de la non-qualification en séries est celle du CF Montréal, pas des autres et pas des Red Bulls qui ont marqué un penalty à la dernière minute. On doit se regarder dans le miroir et pouvoir faire les meilleures analyses. C'est ce qu'on a fait lors des 14, 15 derniers jours.»

Le processus est déjà en marche pour trouver un nouvel entraîneur-chef, un autre. Ce sera le 10e dans l'histoire de l'équipe depuis son adhésion à la MLS en 2012.

Renard est prêt à regarder dans toutes les directions, incluant à l'interne, pour choisir celui qui va remplacer Losada, à la condition que ce candidat respecte une condition non négociable.

«Le premier critère, c'est de rentrer dans la philosophie de ce qu'on veut faire», a-t-il tranché, tout en admettant que le fait de s'exprimer en français est un point important pour l'organisation.