Ortis, âgé de 51 ans, a plaidé non coupable. (Spencer Colby | La Presse canadienne)

L'avocat de Cameron Jay Ortis, cet ancien responsable du renseignement à la GRC accusé d'avoir divulgué du matériel classifié, affirme que son client agissait en grande partie sur la base d'informations secrètes qui lui avaient été transmises par une agence étrangère.

Me Mark Ertel a déclaré jeudi au jury, en Cour supérieure de l'Ontario, qu'Ortis témoignerait de ce qu'il a fait et pourquoi il l'avait fait. L'avocat a soutenu que son client avait «protégé le Canada contre des menaces graves et imminentes».

Me Ertel a toutefois prévenu que l'accusé serait limité dans ce qu'il pourrait dire au tribunal, car ses gestes, a-t-il dit, résultaient en grande partie d'informations secrètes qui lui avaient été communiquées par une agence étrangère. Selon l'avocat, Ortis se défend donc «avec une main attachée dans le dos».

Après ces remarques de Me Ertel, les journalistes et le grand public ont été exclus de la salle d'audience, pour le témoignage d'Ortis. Les transcriptions de son témoignage, éventuellement caviardées, seront mises à disposition ultérieurement.

La Couronne allègue qu'Ortis a transmis de manière anonyme, en 2015, des documents classifiés à des personnes «présentant un intérêt» pour l'enquête de la Gendarmerie royale du Canada. Il est accusé d'avoir violé la Loi sur la protection de l'information en révélant des secrets à trois personnes et en tentant de le faire dans un quatrième cas.

Ortis, âgé de 51 ans, a plaidé non coupable.

La Couronne a tenté de faire valoir qu'Ortis n'avait pas le pouvoir de divulguer des documents classifiés et qu'il ne le faisait pas dans le cadre d'une sorte d'opération d'infiltration.

Son avocat a déclaré jeudi matin qu'Ortis avait une histoire fascinante à raconter. «Et dans les limites auxquelles il est confronté, il vous dira tout ce qu'il est autorisé à dire et se soumettra à un contre-interrogatoire», a indiqué Me Ertel.

Il a déclaré aux membres du jury qu'ils seraient convaincus qu'Ortis n'était «pas un ennemi du Canada et qu'il n'a à aucun moment agi sans autorisation ni perdu de vue sa mission».