Le BQ estime qu’Ottawa abandonne la Gaspésie


(Patrick Doyle | La Presse canadienne)

Le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, est au cœur d’une tournée en Gaspésie où les thèmes du poids politique de la région et les enjeux des pêches sont au cœur des discussions.

Le chef bloquiste dit constater une certaine inquiétude de la population alors que le redécoupage électoral prévoit la suppression du comté d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, l’une des quatre circonscriptions fédérales de l’Est-du-Québec.

Pour Yves-François Blanchet, ce choix va «affaiblir la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine» qui «perdraient l’intégrité de leur voix à Ottawa».

«Le premier ministre se présente dans la région, mais ne connaît pas les dossiers de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. De passage en août pour ce qui fait figure d’opération photo, Justin Trudeau a refusé de parler de perte d’un comté dans la péninsule gaspésienne», affirme Yves-François Blanchet.

Le chef du BQ affirme également que le premier ministre du Canada n’a pas voulu honorer une promesse de rencontre avec les pêcheurs.

Les pêcheurs oubliés

En conférence de presse mercredi à Chandler, en compagnie des députés bloquistes Kristina Michaud et Maxime Blanchette-Joncas ainsi que d’élus de l’Assemblée nationale, Yves-François Blanchet a dénoncé ce qu'il qualifie de «manque total d'intérêt» et de «méconnaissance» du gouvernement fédéral envers la Gaspésie et, notamment, envers les pêcheurs pélagiques durement affectés par l’interdiction de pêche au hareng et au maquereau imposée ce printemps par Pêches et Océans Canada.

«La situation déjà précaire des pêcheurs commerciaux risque de s’aggraver davantage en raison des restrictions supplémentaires qui seront aussi en vigueur pour la pêche au hareng d’automne», peut-on lire dans un communiqué du Bloc Québécois.

«Qu’un ministère fédéral de l’envergure de Pêches et Océans Canada ait pu préparer et décréter une interdiction de pêche au hareng et au maquereau ce printemps, sans préavis pour les principaux concernés, en les laissant dans une situation économique qui n’a pas de bon sens pour eux, est aberrant. Le ministère savait pourtant depuis beaucoup plus longtemps que telle était leur intention. Qu’Ottawa prenne des décisions aussi nuisibles sans les consulter, ni présenter les justifications biologiques pour ensuite les abandonner dénote à quel point le gouvernement est indifférent à leurs réalités», avise Yves-François Blanchet.

Le chef du BQ estime qu'Ottawa doit maintenant autoriser la pêche au calmar comme activité de remplacement, et à défaut, offrir des compensations adéquates.

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«La pêche est une industrie essentielle dans l’Est-du-Québec, c’est un socle économique qui compte de nombreuses entreprises et fournit du travail à des centaines de familles. Beaucoup de gens, comme nous, attendent que le premier ministre accorde l’attention que commande cet enjeu crucial pour la région et se penche sur notre proposition d’ouvrir les permis de pêche au calmar», de conclure Yves-François Blanchet.