CORONAVIRUS: des infirmières peinent à finir leur session universitaire

Infirmière

Les infirmières du Québec sont sollicitées de toutes parts dans le réseau de la santé en raison de la COVID-19. Certaines doivent aussi trouver une façon de compléter leur session universitaire.

Après une pause de deux semaines, les universités ont instauré les cours à distances et les étudiantes en soins infirmiers n'y font pas exception.

À l'Université de Sherbrooke, on estime avoir trouvé un équilibre entre les compétences à acquérir, les infirmières en forte demande et la fin de la session prévue d'ici la mi-mai.

« On ne peut pas continuer à offrir la même formation considérant ce qui se passe dans le réseau et ce que les Québécois vivent. En même temps, on ne veut pas donner des diplômes à rabais. » - Patricia Bourgault, vice-doyenne aux sciences infirmières de l'Université de Sherbrooke

Mme Bourgault admet que la situation demande une grande souplesse, autant pour les universités que les enseignants et les étudiantes. 

L'Ordre professionnel des infirmières du Québec a été consulté durant le processus et l'objectif ultime des universités est de diplômer les étudiantes dans les temps.

Une conciliation difficile

Geneviève Desjardins est infirmière à l'urgence d'un centre hospitalier de Montréal. La mère de famille en a plein les bras puisqu'elle est aussi étudiante au baccalauréat en soins infirmiers à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

D'entrée de jeu, l'infirmière admet vivre beaucoup d'anxiété face à la situation actuelle. Elle est fière d'être en première ligne pour combattre le coronavirus, mais craint de le transmettre aux membres de sa famille. Elle limite au maximum les contacts physiques avec ses deux enfants.

« On sait que le virus est là, mais on ne le voit pas. (...) C'est toujours une anxiété qui est là, sans arme, et que tu ne vois pas ton ennemi.»

- Geneviève Desjardins, infirmière

Une fois que ses cinq journées de douze heures sont complétées, Geneviève doit se concentrer sur son baccalauréat. Infirmière depuis neuf ans, il lui reste une année d'étude, soit l'équivalent de huit cours, pour obtenir son diplôme de l'UQTR.

Deux de ses quatre professeurs ont été conciliants. Les notes actuelles seront considérées comme les notes finales au relevé. 

Les deux autres professeurs ont choisi de poursuivre l'enseignement à distance. L'infirmière devra donc compléter six tests et un examen d'ici le 23 avril.

«J'ai écrit aux professeurs que j'étais infirmière au front, que j'étais épuisée. J'ai prouvé avec mon numéro d'employés que j'étais une infirmière d'urgence. (...) Avec l'anxiété, la fatigue, j'ai des blancs de mémoire et de la difficulté avec ma concentration. » 

L'UQTR lui offre la possibilité d'abandonner les cours sans qu'une mention d'échec ne soit inscrite à son dossier. Les frais encourus, environ 500$ par cours, ne lui seraient toutefois pas remboursés et son cheminement scolaire serait retardé.

Geneviève affirme ne pas être la seule dans cette situation et souhaiterait que tous les professeurs se montrent conciliants face à cette crise exceptionnelle.