CORONAVIRUS: les paramédics s'inquiètent pour leur santé et celle de leurs proches

Ambulance

Malgré la crise du coronavirus, Urgences-santé reçoit moins d'appels à Montréal et Laval depuis quelques jours. Le phénomène s'explique par les mesures de prévention imposées par le gouvernement Legault pour limiter la propagation du virus.

Par exemple, il y a moins de gens sur les routes donc moins d'accidents, ou encore moins d'intoxications à l'alcool durant la fin de semaine puisque les bars sont fermés.

Malgré tout, les paramédics sont inquiets puisque certaines personnes cachent des informations au sujet de leur état de santé. Les répartiteurs du 911 demandent à tous les citoyens d'indiquer s'ils souffrent de symptômes s'apparentant au COVID-19, s'ils ont voyagé récemment ou si un de leur proche avec qui ils ont été en contact est en quarantaine.

Ces informations nuisent à la sécurité des paramédics qui doivent enfiler un équipement spécial pour éviter de contracter et propager la COVID-19.

« Chaque jour, il y a des cas présumés de la COVID-19 sur lesquels ils seront appelés à intervenir. Ils sont bien formés, bien préparés, ils ont leur équipement de protection. On demande svp aux citoyens de nous dire exactement ce qui se passe chez vous(...) tout ça pour protéger nos paramédics qui sont la ligne de front. » - Catherine Bourgault-Poulin, directrice Affaires corporatives chez Urgences-santé

Nicolas Lemay est paramédic à Montréal depuis huit ans. Actuellement, sa plus grande inquiétude est de transmettre le coronavirus à un membre de sa famille.

Mon père est en perte d'autonomie. Ma mère, il ne lui reste qu'un poumon. Ma blonde se remet d'une chirurgie et elle a plein de problèmes de santé. Quand j'arrive chez moi, j'ai déjà changé mon uniforme, je prends une douche et je vais dormir dans le sous-sol. (...) Je ne prends pas risques parce que je m'en voudrais à mort d'être un vecteur de contagion pour les gens qui me supportent dans la vie. »

- Nicolas Lemay, paramédic

Un de ses collègues a passé trente minutes dans une ambulance, sans équipement de protection, aux côtés d'un patient. Ce dernier a avoué à l'hôpital qu'il était à risque de souffrir de la COVID-19. Malgré tout, Nicolas Lemay affirme que les paramédics sont motivés à faire partie de «l'effort de guerre» pour combattre le virus. Il compare la situation à ce que ses prédécesseurs ont connu lors de la crise du verglas.

Il implore les gens de ne cacher aucun détail sur leur état de santé et rappelle que c'est un «travail d'équipe de la société au complet» qui viendra à bout de la pandémie.