COVID-19: Mieux cibler les messages pour un meilleur respect des consignes

Masque-CTV News Montréal

Un important relâchement se fait sentir partout dans le monde en ce qui concerne le respect des mesures sanitaires. Même si la majorité des gens les respectent toujours, au Canada comme ailleurs, plusieurs sont moins rigoureux après six mois de pandémie, selon une nouvelle étude, qui croit qu'il faut mieux cibler les messages.

 

Les plus récents résultats de l'enquête iCARE (Évaluation internationale de la compréhension et des réactions par rapport à la COVID-19), une étude internationale codirigée par des chercheurs de l'UQAM et de l'Université Concordia à Montréal, sont tout de même encourageants.

Ils révèlent que 90 % des Canadiens connaissent et comprennent les consignes sanitaires liées à la COVID-19. Toutefois, un relâchement se fait sentir, souvent par manque de motivation et selon leur type de préoccupations - santé, économiques ou sociales, par exemple.

Par exemple, 12 % des répondants au Canada, surtout des hommes dans la vingtaine et au début de la trentaine, ne s'isolent pas même s'ils ont contracté le virus ou croient l'avoir. On sait que les fêtes privées et les jeunes sont considérés comme les principaux vecteurs de transmission du virus dans les dernières semaines.

Kim Lavoie est professeure à l'UQAM et a cofondé le Centre en médecine comportementale de Montréal. C'est elle qui codirige l'étude. Elle explique que les consignes sont davantage respectées par les personnes d'un certain âge si le message se concentre sur les effets positifs de ce respect plutôt que sur les conséquences de ne pas le faire. Toutefois, c'est le contraire pour une grande proportion de jeunes.

« On a demandé aux gens, qu'est-ce que [le gouvernement] peut faire pour vous motiver à respecter les consignes sanitaires. Globalement, le motivateur numéro un, c'est dites-nous comment nos sacrifices, ça porte fruit. Dites-nous comment on réussit à réduire la transmission et que ça nous aide à revenir à la normale plus rapidement. Par contre, malgré le fait qu'ils ont dit la même chose, il y a une bonne proportion de jeunes qui ont dit que c'est plus des mesures punitives qui vont me motiver. Ils disent, si vous me forcez à le faire, je vais le faire, mais sinon, peut-être que mes motivations personnelles, le fait que je suis plus préoccupé par ma vie sociale et que je n’ai pas la perception que je suis particulièrement touché par la COVID [au niveau de la santé], ça peut expliquer pourquoi ils ont une perception plus basse de l'importance de la pandémie et observent moins les consignes dans l'ensemble. »

- Kim Lavoie, professeure en médecine comportementale à l'UQAM

Le gouvernement doit donc mieux cibler les messages selon à qui il s'adresse, étant donné que les préoccupations de la population sont différentes, selon la chercheuse.

Le masque plus populaire

À l'inverse, le port du masque a augmenté en flèche dans les derniers mois, alors qu'un peu plus d'un Canadien sur deux (55%) le porte quand il quitte la maison. Au Québec, l'étude a permis de démontrer que de plus en plus de gens à l'extérieur de la grande région de Montréal l'ont adopté, surtout les francophones plus âgés, quand le premier ministre François Legault a commencé à le mettre lors de ses points de presse, le 12 mai dernier.

La professeure en médecine comportementale à l'UQAM, Kim Lavoie, estime que la confusion dans les messages gouvernementaux concernant le port du masque peut expliquer en partie pourquoi c'était peu populaire au début de la pandémie.

« Au début de la pandémie, ce n'était pas conseillé de porter le masque et je pense qu'une de raisons qui peut expliquer pourquoi le gouvernement a dit ça, c'est qu'on avait une pénurie d'équipement et de matériel pour les travailleurs de la santé. Ils ne voulaient pas que tout le monde coure au magasin acheter des masques. Maintenant, il y en a beaucoup de disponibles. L'autre chose, c'est qu'on a beaucoup plus de données maintenant au niveau de la recherche qui démontrent effectivement que le masque est essentiel pour prévenir la transmission de la COVID-19. »

- Kim Lavoie, codirectrice de l'étude iCARE

65 000 personnes de 143 pays - dont 6000 Canadiens - ont déjà répondu au sondage jusqu'à maintenant. Sa cinquième version est en ligne depuis hier.

Un nouveau module sur la santé mentale a été ajouté. Avec la rentrée, les chercheurs évaluent aussi la perception des étudiants, des enfants et des parents d'enfant quant aux mesures mises en place.

Vous pouvez compléter le sondage ICI en 20 minutes seulement. Il est disponible en près de 40 langues.