Demande d'action collective de 600 millions $ contre MindGeek

Les bureaux de MindGeek à Montréal, sur le boulevard Décarie.

La société montréalaise MindGeek, qui exploite notamment le site pornographique Pornhub, est visée par une demande d'action collective de 600 millions de dollars. Celle-ci a été déposée à la fin décembre au palais de justice de Montréal.

 

La représentante du groupe visé est une Ontarienne surnommée Jane Doe pour conserver son anonymat. La jeune femme a été agressée sexuellement et filmée, à l'âge de 12 ans. La vidéo de cette sordide agression s'est retrouvée à son insu sur Pornhub. La requérante a découvert les images il y a un an grâce à une connaissance.

Jane Doe a demandé à ce que la vidéo soit retirée, et ça n'a pas été fait. Elle n'a même obtenu aucune réponse à sa demande.

Le géant de la pornographie est dans l'eau chaude surtout depuis le début décembre en raison de nombreux témoignages similaires, révélés par le New York Times. D'autres médias internationaux avaient aussi partagé des témoignages troublants plus tôt en 2020.  Voyant que son cas n'était pas un cas isolé, la jeune femme a choisi d'intenter une action collective, qui devra maintenant être autorisée par la Cour supérieure.

Toute personne dont les images ou vidéos intimes ont été partagées sur un des sites de MindGeek depuis 2007 est admissible à l'action collective, selon la requête déposée. Ça inclut toute image de pornographie juvénile et d'agression sexuelle.

TOLÉRANCE DE MINDGEEK

Le géant de la pornographie en ligne aurait toléré pendant des années sur ses nombreux sites web de la pornographie juvénile, des vidéos d’agressions sexuelles et du matériel sexuel obtenu et diffusé sans le consentement des partis.

Le grand public pouvait y publier le contenu qu'il voulait malgré le risque de partage d'images sans le consentement des partis, et MindGeek n'aurait rien fait pour faire cesser ces pratiques.

En décembre dernier, des millions de vidéos ont finalement été retirées et la publication de contenu encadrée après que la classe politique se soit indignée. Ce matin encore, certains élus ont réagi sur les réseaux sociaux.

« Québec doit s’assurer que MindGeek ne puisse pas avoir accès à des incitatifs fiscaux. La recommandation #5 du rapport sur l’exploitation sexuelle des mineurs doit être appliquée! », a réagi la députée de l'Acadie, Christine St-Pierre, sur Twitter.

La recommandation 5 en question demande à ce que « le gouvernement du Québec confie à des experts le mandat de produire un avis concernant la présence de pornographie juvénile sur des sites liés à des entreprises enregistrées au Québec et les mesures mises en place pour la prévenir et la réprimer. »

Une poursuite de 40 millions de dollars est aussi en cours aux États-Unis. La requête a été déposée à la mi-décembre par une quarantaine de femmes de la Californie.