Harcèlement contre des élus: Alain Laplante riposte avec une poursuite

Audrey Folliot Bell Media-Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu Alain Laplante

Le maire de St-Jean-sur-Richelieu Alain Laplante contre-attaque après une poursuite de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu la semaine dernière. Quelques jours après le dépôt d'une poursuite de 540 000$ contre 9 de ses partisans par la ville, Alain Laplante y va d'une requête contre sa propre ville.

M. Laplante veut faire reconnaitre par le tribunal que son droit d'investigation comme maire est plus fort que la volonté de la majorité des élus du conseil municipal.

Par cette requête, il vise à forcer la direction générale de la ville à répondre à ses demandes en vertu de l'article 52 de la Loi des cités et villes.

De plus, M. Laplante veut que la cour lui donne la permission d'intervenir comme témoin dans la cause contre ses partisans, sans qu'on l'accuse de conflit d'intérêt.

La semaine dernière, la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu annoncait qu'elle poursuit huit de ses citoyens ainsi qu’un ancien résident, tous partisans de l’actuel maire Alain Laplante.

La Ville veut ainsi faire cesser les propos diffamatoires, le harcèlement auprès de neuf conseillers municipaux majoritaires et des employés de l’administration avec une poursuite d'un montant de 540 000$.  

Dans la demande introductive d'instance dont Bell Media a obtenu copie, le demandeur Alain Laplante expose à son tour «qu'à plusieurs reprises pendant son mandat, ses tentatives d'exercice des pouvoirs ainsi prévus dans la Loi des cités et villes ont été contrecarrées par des prises de position contraires adoptées par la majorité au Conseil de Ville».

Il allègue aussi qu'il «a formulé auprès de la direction générale plus d'une vingtaine de demandes d'informations en vertu de son pouvoir de maire qui sont demeurées sans réponse»

Il aurait aussi requis de la direction générale des budgets pour mandater un avocat de son choix pour obtenir des opinions juridiques sur des questions municipales mais «ses demandes lui ont été systématiquement refusées»

Salon les prétentions d'Alain Laplante, ce ne serait pas une première une première attaque face à sa fonction de maire. Il ajoute que «cette procédure impliquant directement le maire est la huitième du genre à être entamée à l'initiative des conseillers municipaux majoritaires qui lui sont opposés ou leurs partisans depuis son élection en novembre 2017».

Nous tentons de joindre le maire Alain Laplante ou son cabinet d'avocats pour obtenir des réactions quant à cette poursuite

Rappel des faits

Dans sa poursuite déposée la semaine dernière, la Ville demandait à la cour de demander aux neuf individus partisans du maire de cesser de diffuser des «propos de nature à causer préjudice, incluant les propos diffamatoires, menaçants à l’endroit des employés de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu

La poursuite vise Yves Riopel, Yves Cloutier, Dominic Pétrin, Stéphane Lamarre, Robert Guinta, Micheline Lajoie, Luc Lippé, Jean-Luc Gamache et Julie Messier, tous des citoyens ou anciens citoyens de la Ville, considérés comme étant le noyau dur du groupe de partisans du maire Alain Laplante.

Le document allègue que le maire Laplante aurait lui-même misé sur ce groupe de partisans indéfectibles pour discréditer le Groupe des 9 en vue de sa réélection en 2021, et ce dès le début de son mandat.

Les citoyens visés par la poursuite ont multiplié les gestes de harcèlement envers ces élus ainsi qu'envers d'autres employés de l'administration municipale, comme l'ancien directeur général François Vaillancourt. Le maire approuve et encourage leur comportement, ne faisant rien pour rétablir l'ordre, selon la poursuite.