La formation des signaleurs routiers à revoir pour éviter des accidents

Un signaleur routier a été blessé légèrement par un chauffard dans une zone de travaux sur l'autoroute 10 à Carignan en Montérégie la nuit dernière.

L'Association des travailleurs en signalisation routière du Québec s'inquiète du nombre croissant d'accidents impliquant des signaleurs ces derniers mois et demande au gouvernement de revoir les exigences de formation des signaleurs routiers.

 

Hier encore, un signaleur a perdu la vie sur un chantier de Sainte-Clotilde, en Montérégie, après avoir été frappé par un camion qui reculait. Un autre a été happé par un chauffard sur l'autoroute 10 à Chambly la semaine dernière.

Le président l'Association des travailleurs en signalisation routière du Québec, Jean-François Dionne, indique que la profession est de plus en plus dangereuse, ce qui n'aide en rien au recrutement.

« On a une hausse d'accidents de 60 % depuis 2016, on est parti de 47 accidents à 76 en 2018, ce sont des chiffres de la CNESST. Ça nous préoccupe au maximum. »

- Jean-François Dionne, président

Jean-François Dionne appelle les automobilistes et camionneurs à respecter la signalisation et à penser à la sécurité des travailleurs, qui sont de jeunes adultes, des mères et pères de famille, notamment.

Le non-respect des ordres d'un signaleur routier vaut une amende de 200 à 400 $, en plus des frais.

Revoir la formation

Pour le président de l'Association, la formation sur Internet requise pour le poste n'est clairement pas suffisante. Il estime que la base du cours est bonne, mais qu'il devrait être donné en classe par un professeur à qui les élèves pourraient poser des questions.

« On peut réussir son examen en 15 minutes, je trouve que c'est vraiment ridicule, complètement. La CNESST devrait y penser deux fois avant de tolérer des formations comme ça, et le ministère des Transports devrait réagir, c'est chaque semaine qu'on annonce des accidents. On a une grosse pénurie de personnel à cause de ça, le monde veut quitter le métier parce que c'est devenu trop dangereux. »

- Jean-François Dionne, président

Le président de l'Association soulève même l'idée d'en faire un cours de formation professionnelle, avec une partie théorique et une partie en chantier. Jean-François Dionne est signaleur depuis 20 ans et illustre que chaque chantier est différent et présente un nouveau défi, dans un nouvel environnement avec de la nouvelle machinerie.