La réinsertion sociale par le recyclage dans 2 hôpitaux en Montérégie

Les plastiques hospitaliers sont triés par des stagiaires puis envoyés pour être transformés en granules et réutilisés.

Deux hôpitaux de la Montérégie Est sont des exemples à suivre en province en termes de réduction des déchets, alors que sévit une crise du recyclage. Ils ont mis en place des plateaux de travail pour recycler plastique et papier, en plus de contribuer au bien-être des plus vulnérables.

 

En 2019 seulement, les hôpitaux Honoré Mercier de Saint-Hyacinthe et Pierre-Boucher de Longueuil ont recyclé près de 30 tonnes de plastique hospitalier et encore plus de papier, avec plusieurs tonnes de feuilles déchiquetées chaque semaine, grâce aux plateaux de travail mis en place dans leur établissement.

L'entreprise Synergie Santé Environnement, qui accompagne le CISSS de la Montérégie-Est dans ce projet, gère la récupération de divers emballages stériles et les envoie à un conditionneur au Québec. Ce dernier les transforme en granules pour ensuite en faire d'autres produits, selon le principe de l'économie circulaire.

« C'est vraiment des plastiques qui sont ciblés à l'aide d'affiches personnalisées dans les départements, qui vont être mis dans un sac transparent, des sacs qui vont ensuite être amenés par les équipes d'hygiène et salubrité au plateau, et c'est là que le travail de qualité se fait. Le plateau de travail va trier les plastiques par grade, en fonction de ce que notre conditionneur veut. »

- Nathalie Robitaille, directrice générale de Synergie Santé Environnement

On estime que plus de 50% des plastiques sont ainsi récupérés. Le potentiel de récupération est encore plus grand alors que les chiffres ne comprennent que les plastiques acceptés actuellement par les conditionneurs et pour lesquels il y a une valeur monétaire intéressante. Les sacs de soluté, entre autres, ne sont pas encore récupérés, mais pourraient représenter plusieurs tonnes de déchets détournées de l'enfouissement quand ils le seront.

Un stagiaire s'affaire à rincer des boîtes de conserve et des bouteilles d'Ensure.

Nathalie Robitaille, Synergie Santé Environnement. Un stagiaire s'affaire à rincer des boîtes de conserve et des bouteilles d'Ensure.

Aider les plus vulnérables à aller mieux

Et ce n'est pas qu'une initiative environnementale, alors que les plateaux de travail en place emploient des personnes souffrant notamment de schizophrénie et d'autres qui sont exclues du marché du travail. C'est en partenariat avec les organismes D'un couvert à l'autre, à Longueuil, et Les ateliers transition, à Saint-Hyacinthe.

Tous les participants reçoivent une bonification de 130 $ de leur prestation d'aide sociale en prenant part au projet. Puisque le CISSS paie pour ses déchets enfouis, cette initiative permet donc des bénéfices sociaux, mais aussi des économies de coût.

« En leur donnant une raison de se lever le matin, puis de venir et de faire certaines actions pour le CISSS, pour déchiqueter notre papier ou trier nos plastiques, on a la pensée de dire que ça améliore leur état de santé, ce qui est confirmé par les gens de la santé mentale qui nous accompagnent. Le nombre d'hospitalisations diminue. »

- France Le Blond, directrice adjointe des services techniques au CISSS de la Montérégie-Est

Une stagiaire procède au déchiquetage de documents nominatifs. Des ententes de confidentialité sont signées vu les renseignements contenus.

Nathalie Robitaille, Synergie Santé Environnement. Une stagiaire procède au déchiquetage de documents nominatifs. Des ententes de confidentialité sont signées vu les renseignements contenus.

Par ailleurs, un repas gratuit est offert aux stagiaires souvent vulnérables à même les surplus alimentaires du CISSS, ce qui permet de réduire par le fait même le gaspillage de nourriture. Plusieurs services alimentaires des établissements du CISSS redonnent aussi plusieurs tonnes de nourriture par année à la Tablée des chefs et à Moisson Maskoutaine.

Un nouveau plateau de travail a débuté en novembre dernier pour le déchiquetage de papier à Sorel avec le Carrefour Jeunesse-Emploi. Les trois anciens CSSS sont donc maintenant couverts au niveau du papier, et le plastique devrait bientôt être aussi récupéré à Sorel. Des démarches sont en cours pour implanter des plateaux de travail dans les CLSC, notamment au CLSC des Patriotes, en partenariat avec une école fréquentée par des étudiants aux besoins particuliers.