La Santé publique prévoit des allègements «une semaine à la fois»

Le Dr Luc Boileau - Graham Hughes | La Presse canadienne

Le Québec est à un point décisif de la pandémie de COVID-19. C'est ce qu'a laissé entendre le directeur national de la santé publique, le Dr Luc Boileau, lors de sa toute première conférence de presse sans la présence du premier ministre François Legault ou du ministre de la Santé, Christian Dubé.

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) prévoit que les hospitalisations devraient être en baisse marquée d’ici deux semaines. «On est arrivé à un moment charnière de la pandémie», a ajouté Dr Boileau en référence à ces nouveaux indicateurs.

«Après avoir frôlé une situation qui aurait pu être franchement dramatique dans les milieux hospitaliers, beaucoup de choses semblent vouloir s’améliorer et se stabiliser», a soutenu le Dr Boileau. «On constate que la plupart des Québécois continuent à être mobilisés et continuent à suivre les mesures» indique M. Boileau, qui insiste sur le fait qu’il faut user de prudence lors du déconfinement. 

Questionné par Noovo Info sur la place que prend l'aspect de la santé mentale lorsqu’une décision sur des allègements était prise, le Dr Boileau affirme que «les premières mesures proposées qui ont été faites en tenant compte de leur impact le plus large possible sur la santé psychologique […] Pour nous, cet élément est très important, mais il faut fonctionner en fonction du système de santé».

Le Dr Boileau a réitéré que la vaccination contre la COVID-19 est «la clé» pour affronter et vaincre la pandémie. «Si tout le monde va se faire vacciner, ça [la pandémie] pourrait finir très vite», a lancé le spécialiste.

Le directeur de la santé publique croit que d'autres annonces pourraient suivre après les assouplissements annoncés par le gouvernement pour le 31 janvier et le 7 février sans préciser quelles pourraient être les prochaines étapes. 

Concernant les gens qui auraient contracté le virus après avoir reçu deux doses d’un vaccin, M. Boileau a dit qu’ils pourraient attendre de huit semaines à trois mois avant une dose de rappel. Toutefois, avec certains symptômes et un simple test rapide, «dans le doute (sur une réelle contamination), allez chercher la vaccination», a suggéré M. Boileau, disant qu’il n’y voyait pas de risque important.

Il a aussi dit qu’il ne fallait pas compter sur les médicaments antiviraux «pour passer à l’autre étape» d’un retour progressif à la normale.

Points de presse séparés

La tenue de points de presse séparés entre le politique et le scientifique était réclamé depuis un moment. Le rapport de la Commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, a possiblement été le dernier élément pour convaincre François Legault de faire le saut.

La commissaire Castonguay avait recommandé de donner un «pouvoir explicite» au directeur national de santé publique pour informer le public de façon «indépendante».

(Avec la collaboration de Noovo Info)