Le PQ veut en finir avec l'iniquité en santé dans l'est de Montréal


Il a déclaré que la crise qui sévit dans cet établissement majeur est inscrite au sommet de la liste de sujets qu’il entend aborder avec le premier ministre. (Graham Hughes / La Presse Canadienne)

Paul St-Pierre Plamondon en a assez de l’iniquité dans les services de santé entre l’ouest et l’est de Montréal. Un double standard mis en évidence par la vétusté et le manque de ressources de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Il exige de l'action du gouvernement.

À la veille d’une rencontre prévue avec le premier ministre François Legault, le chef du Parti québécois a visité l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) lundi après-midi avant de s’adresser aux journalistes à la sortie de l’urgence.

Il a déclaré que la crise qui sévit dans cet établissement majeur est inscrite au sommet de la liste de sujets qu’il entend aborder avec le premier ministre. M. St-Pierre Plamondon réclame de l’imputabilité de la part du gouvernement dans ce dossier afin que les citoyens du secteur, dont font partie les gens de sa circonscription de Camille-Laurin, obtiennent les soins de santé auxquels ils ont droit.

Le chef péquiste plaide pour que l’on mette fin à la pratique du temps supplémentaire obligatoire (TSO) et qu’on abolisse simultanément le recours aux agences privées de main-d’œuvre infirmière pour combler le manque de ressources.

«C'est facile de le faire dans la mesure où simultanément on s'attaque à ce que les agences privées font comme cannibalisation de la force de travail», soutient-il.

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«On ne peut pas avoir d'une part des gens qui gagnent un salaire attrayant et ont un horaire attrayant, en privé, dans le même milieu de travail où l'on retrouve des gens qui vont être forcés à du travail supplémentaire. Ça crée une atmosphère de travail très difficile, mais ça crée surtout un effort collectif qui n'est pas suffisant», estime le chef politique.

En guise de mesure transitoire, il suggère de commencer par retirer les quarts de travail les plus attrayants aux infirmières du privé.

Paul St-Pierre Plamondon a d'ailleurs rencontré des membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente notamment un nombre élevé d'infirmières.

Le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, Denis Cloutier, a confirmé avoir rencontré l'élu en après-midi. Il se réjouit de voir de plus en plus de politiciens vouloir se rapprocher de la réalité sur le terrain pour mieux comprendre la complexité des enjeux.

La semaine dernière, l’urgence de Maisonneuve-Rosemont a dû fermer ses portes le temps d’une nuit en raison d’un manque de personnel infirmier. Excédées par un usage qualifié d’abusif du TSO, une centaine d’infirmières menaçaient de démissionner en bloc, ce qui a forcé le ministre de la Santé Christian Dubé à intervenir personnellement dans la crise en nommant un conciliateur.

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Lundi, la situation était plutôt calme à HMR avec un taux d'occupation dans les 50 % en début de journée, puis de 70 % en fin d'après-midi. Mais malgré l'excellente collaboration de la population qui a entendu l'appel de recourir à d'autres services, le manque de main-d'œuvre exigeait encore du temps supplémentaire.

Cette soudaine accalmie risque aussi d'être brève puisque la population ne pourra indéfiniment éviter d'avoir besoin de ces soins d'urgence essentiels.

Selon Denis Cloutier, les quarts de travail à l'urgence seraient comblés à environ 50 % en soirée et à environ 30 % la nuit, ce qui force des infirmières à prolonger leur présence à l'hôpital.

Paul St-Pierre Plamondon souhaite que d'importants investissements soient réalisés afin d'améliorer les installations et de rendre l'établissement plus efficace et plus attrayant pour les travailleurs.

Du côté du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, le porte-parole Christian Merciari a reconnu que les choses se sont stabilisées pour le moment. L'hôpital aurait aussi reçu des offres de candidatures pour du renfort, mais des démarches administratives sont d'abord nécessaires pour s'assurer que ces personnes ont toutes les qualifications requises pour pratiquer.