Mamadi Camara poursuit pour 1,2 M$ la Ville de Montréal

Mamadi Fara Camara entouré de sa conjointe et ses proches à sa sortie de la salle d'audience - CTV News Montréal

Mamadi Fara Camara, accusé à tort de la tentative de meurtre d'un policier l'hiver dernier, poursuit la Ville de Montréal pour 1,2 million $. L'universitaire de 31 ans dit garder des séquelles de son passage de près d'une semaine en prison. 

En fin d'après-midi le 28 janvier, le chauffeur Uber avait été intercepté pour avoir utilisé son cellulaire au volant sur le boulevard Crémazie, près du Marché central, dans le quartier Parc-Extension. Au moment de remettre la contravention, l'agent Sanjay Vig avait été sauvagement agressé par derrière et atteint par balle près de son auto-patrouille. L'assaillant s'était emparé de l'arme du policier avant de prendre la fuite. 

M. Camara a toujours clamé son innocence et dénonce les propos «mensongers» du patrouilleur Vig comme étant un cas de profilage raciale.

Lors de son arrestation, M. Camara a dû se déshabiller complètement puisque ses vêtements devaient être expertisés, une situation où il s'est senti «humilié». Il a été transféré en jaquette et en pantouffles au centre de détention de Rivière-des-Prairies. Sa blessure à la joue causée par son arrestation n'aurait pas été soignée, malgré ses demandes répétées. 

L'épouse de Mamadi Camara, qui était enceinte de jumeaux à l'époque, des membres de la famille et des voisins figurent aussi parmi les autres demandeurs de la poursuite. 

Vision tunnel

Selon la poursuite, l'enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été faite «de manière précipitée et sans objectivité».

Aucun élément de preuve n'incriminait M. Camara autre qu'il était la dernière personne à avoir eu un contact avec l'agent Vig. Il avait d'ailleurs été autorisé à quitter les lieux après l'agression. 

Le Montréalais originaire de la Guinée est vite devenu suspect pour ensuite être disculpé grâce à une vidéo de surveillance du MTQ.