Mises à pied chez Pratt & Whitney et Airbus

A220 100 A220 300 Inflight

Publication originale le mardi 13 octobre - Texte mis à jour le mercredi 14 octobre à 11h30

Le ciel s'assombri de jour en jour pour l'industrie aéronautique au Québec. Le fabricant américain de moteurs d'avion Pratt & Whitney élimine au moins 250 postes à ses installations de Longueuil et Saint-Hubert en Montérégie.

Les compressions sont effectuées parmi les salariés. Les annonces ont débuté aujourd'hui (mardi) et se poursuivront toute la semaine selon ce que Bell Média a appris. 

«Nous avons donc fait le choix extrêmement difficile, mais nécessaire, de mettre en œuvre un programme de départs involontaires d’employés salariés. Cette mesure est cohérente avec celles prises par nos clients et nos concurrents» - Catherine R. Cunningham, Directrice associée, relations publiques & communications, Pratt & Whitney 

Pratt & Whitney connaît une importante réduction de ses activités commerciales en raison de la pandémie de COVID-19. Le ciel pour l'industrie aéronautique ne devrait pas s'éclaircir avant 2023-2024 pour plusieurs acteurs de cette industrie. 

Pratt & Whitney Canada employait près de 5 000 personnes au Québec avant la crise sanitaire. 10% des postes ont été coupés parmi le personnel en usine ce printemps.

Gouvernement du Québec/Usine de Pratt & Whitney à Longueuil

AIRBUS COUPE AUSSI 

Airbus Canada a procédé à l'élimination de 48 postes à son usine de Mirabel dans les Laurentides au cours des derniers jours. Les employés affectés fournissaient des services de soutien au Programme CJR. Ils devaient initialement être transférés vers les activités du Airbus A220, anciennement appelés Bombardier CSeries, mais la pandémie a changé la trajectoire décisionnelle. Plus tôt cette année, 200 employés d'Airbus ont été temporairement licenciés en attendant la reprise. Près de 2500 travailleurs sont en poste à Mirabel. 

OTTAWA INTERPELLÉ 

«C'est un autre indicateur de la gravité de la crise qui frappe le transport aérien et l'industrie aérospatiale». Le coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs(ses) de l'aérospatiale, David Chartrand estime que le grand responsable de la situation est le gouvernement fédéral. Depuis plusieurs semaines, il réclame une intervention du fédéral pour soutenir l'industrie. ll craint que si rien n'est fait, d'autres mises à pied seront annoncées sous peu. 

«C'est la pointe de l'iceberg, ce n'est pas terminé. On a hâte d'avoir l'aide du gouvernement ou de voir le gouvernement agir dans ce dossier-là» - David Chartrand, coordonnateur AIMTA

PAS D'AIDE ADDITIONNELLE

Le gouvernement Trudeau n'a pas l'intention d'aider aux transporteurs aériens, comme le réclame Airbus et autres grandes compagnies. Le fédéral mise sur les programmes annoncés ces dernières semaines pour soutenir les travailleurs et sur les recommandations des acteurs de l'industrie pour relancer l'économie canadienne et soutenir l'industrie. 

«Le Conseil sur la stratégie industrielle nous aidera à faire le point sur les problématiques spécifiques que la COVID-19 suscite sur l'ensemble des secteurs (...) Nous avons toujours défendu les travailleurs de l’industrie aérospatiale au Canada et nous allons continuer à le faire» John Power responsable des communications au cabinet de Navdeep Bains, Ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie