MONTÉRÉGIE: Des écoles de danse craignent de devoir fermer

Danseurs - Danielle Cerullo-unsplash

Pas moins de 80% des écoles du danse du Québec sont dans une situation très précaire et menacées de fermeture, selon le Réseau d'enseignement de la danse. Plusieurs propriétaires d'écoles de la Montérégie à qui nous avons parlé demandent des subventions ou carrément de pouvoir offrir des cours dès le 28 octobre.

Dans ce même rapport, on apprend que des 431 écoles répertoriées au Québec, 382 sont en zone rouge, dont plusieurs en Montérégie.

Les enseignants peuvent offrir leurs cours via ZOOM ou visioconférence, mais il n'est pas permis d'avoir des groupes en présentiel, ce qui limite les possibilités de nouveaux revenus.  

Aucune aide sectorielle n'a encore été versée par le gouvernement provincial à ces écoles depuis le début de la pandémie. Certaines ont pu se prévaloir du programme de Subvention salariale du gouvernement fédéral, mais pas toutes s'y qualifiaient.

La présidente directrice générale de Toca Danse à BouchervilleIlham Rouissi, qui offre notamment des cours de danses latines sur toute la Rive-Sud estime que l'heure est grave.

«Les prêts font en sorte que les écoles s'endettent, ce n'est pas l'aide appropriée. Il faut que quelqu'un prenne le pôle au gouvernement, c'est ce qui ne fonctionne pas dans le moment. Le ministère de l'Économie nous envoie au ministère de la Culture qui nous renvoie vers celui du Sport et on se renvoie la balle. Selon ce que j'observe dans les écoles de danse de la Montérégie, nous sommes seulement 4 à offrir des cours en virtuel et le reste des écoles sont fermées.  Dans nos classes,  nous avions entre 20 et 25 élèves et nous mettions en place des mesures sanitaires très strictes. Il faut de l'aide d'urgence puisque plusieurs vont devoir fermer, les pertes sont très importantes»

- Ilham Rouissi, présidente directrice générale Toca Danse 

Plusieurs écoles de danse de la Montérégie doivent aussi composer avec des demandes de remboursement, des frais fixes récurrents et l'adaptation aux mesures sanitaires coûte chère.

Reprise des activités en studio demandée dès le 29 octobre

Le Studio Innova Danse de Saint-Basile-le-Grand offre des cours de hip hop, ballet classique et street jazz notamment à plus de 500 élèves annuellement, dont certains aspirent même à une carrière professionnelle.

Pour son entreprise, Lili-Pierre Landry a pu bénéficier de la Subvention salariale du fédéral, mais il est compliqué d'obtenir des subventions provinciales en raison de l'absence de programme précis. 

Celle qui enseigne la danse de haut niveau depuis plus de 15 ans espère un retour à l'enseignement en présentiel rapide, mais de façon sécuritaire. 

«Nous avons eu la chance d'avoir droit à la Subvention salariale mais au gouvernement du Québec, c'est compliqué parce qu'on nous balance d'un ministère à l'autre. Certains de nos élèves sont à l'école en virtuel toute la journée, devant un écran et on leur demande de se connecter le soir pour donner les cours en ZOOM, ce n'est pas évident. Ne pas reprendre les cours en présentiel le 29 octobre pourrait en démotiver plusieurs: tout le monde peut danser à 2 mètres, nous avons embauché des employés pour désinfecter le studio, tous portent le masques à l'intérieur, il y a des bornes de lavage de mains. On doit reprendre rapidement et on peut le faire de façon sécuritaire!»

-Lily-Pierre Landry, directrice pédagogique et professeure Studio Innova Danse

En terminant, voici tout ce que vous devez savoir sur la situation de la COVID-19 en ce mardi 20 octobre