Un premier laboratoire extérieur de décomposition humaine au Canada

RESTE_Sept-5

Le tout premier laboratoire de recherche en thanatologie humaine vient d'amorcer ses activités, à Bécancour. Exploité par l’Université du Québec à Trois-Rivières, le site a récemment accueilli ses premières dépouilles.

Le laboratoire qui étudie la décomposition des corps humains « permettra d’en apprendre davantage sur les processus physiques, chimiques et biologiques de la décomposition en climat continental nordique », affirme l'université trifluvienne.

Le centre, appelé Recherche en Sciences Thanatologiques [Expérimentales et Sociales], ou REST[ES], reçoit les cadavres environ 24 à 48 heures après le décès. 

« Ils proviennent de personnes qui ont généreusement choisi d’offrir leur dépouille spécifiquement pour ce projet, par le biais du programme de don de corps du Laboratoire d’anatomie humaine de l’UQTR », explique la professeure Shari Forbes, directrice de REST[ES].

La directrice de ce laboratoire, l'australienne Shari Forbes, est reconnue mondialement dans le domaine de la criminalistique. En 2018, la scientifique a créé un site semblable à celui de Bécancour en Australie, où est aussi étudié la décomposition humaine.

Les dépouilles seront conservées sur place sur de longues périodes de temps, pouvant aller jusqu'à plusieurs années. Les restes seront ensuite incinérées et remis aux familles.

« Actuellement, il existe peu de données sur la façon dont se déroule la décomposition humaine dans des régions où les températures peuvent varier de - 40 °C à 40 °C. Grâce à nos recherches au site de REST[ES], réalisées tout au long de l’année, nous comprendrons mieux les événements et facteurs qui affectent les restes humains après la mort, sous de telles conditions climatiques. Nous pourrons aussi améliorer notre estimation du temps écoulé depuis un décès », note la professeure Forbes.

Les travaux permettront de perfectionner les méthodes utilisées pour la recherche, la localisation, la récupération et l’identification des personnes disparues et des victimes d’homicides et de catastrophes. Les corps policiers, les équipes de recherche et de sauvetage, les médecins légistes, les étudiants et les consultants en matière d'enquêtes médicolégales bénéficieront également du laboratoire à travers diverses formations.

De plus, des chercheurs provenant d'une quinzaine d'autres secteurs d'activités, comme la chimie forensique, la biologie moléculaire, la géologie et l'archéologie, provenant de l’UQTR et d’autres établissements, participeront aux travaux du site REST[ES].

Le laboratoire est situé sur un terrain du parc industriel et portuaire de Bécancour et occupe une superficie d’environ 1 600 m2 dans une zone isolée et boisée. Il est entouré d’une clôture sécurisée et est sous surveillance constante.

Josée Beaulieu / UQTR - Mme Shari Forbes, professeure au Département de chimie, biochimie et physique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), dirige le nouveau site extérieur de Recherche en Sciences Thanatologiques [Expérimentales et Sociales] (RESTES).