Une autre saison à l'eau pour les érablières ?

Québec ordonne la fermeture de plusieurs lieux de rassemblement, y compris les bars, cinémas, centre de loisirs, de ski et d'entraînement. Cette mesure n'inclut pas les centres commerciaux, ni les restaurants, à l'exception des cabanes à sucre et des buffets.

Alors que la saison des sucres s'amène bientôt en Montérégie, des producteurs acéricoles sont dans le néant sur l'aide à la relance et la réouverture des salles à manger. Selon l'Association des salles de réception et érablières, 44 cabanes à sucre ont cessé leurs activités en 2020, faute de prévisibilité.

Certains acériculteurs de la région, qui misent sur le volume de réservations et les salles à manger demandent toujours de l'aide du fédéral mais on ignore toujours quand et comment ils pourront rouvrir et offrir des repas en présentiel à leur clientèle.  

Un appel avait été lancé par l'Association en août 2020 mais à ce jour, il n'existe aucun programme sectoriel au secteur. Des érablières de la région ont dû investir pour se moderniser, acheter des équipements technologiques et ont dû s'endetter.   

La députée bloquiste de Saint-Jean Christine Normandin est intervenue en Chambre à Ottawa à quelques reprises sur ce sujet, elle dit être en contact régulier avec les acériculteurs depuis mars dernier. Elle a entre autres rédigé un mémoire au comité des finances à Ottawa mais la demande adressée est restée lettre morte.

Si certains ont pu bénéficier de la Subvention salariale du gouvernement fédéral, il n'y a aucune aide spécifique au secteur acéricole depuis 1 an.

La députée Christine Normandin a rencontré des producteurs de la région et constate que les programmes actuels sont nettement insuffisants et mal ciblés

«Les producteurs de la région ont raison d'être inquiets. Outre la Subvention salariale et l'aide d'urgence pour payer en partie le loyer, il n'y pas eu de programme précis et adapté à notre réalité de l'acériculture au Québec. Cela fait partie de nos demandes pour le prochain budget de Justin Trudeau. La Subvention salariale sera prolongée, c'est la bonne nouvelle mais depuis 2019, les cabanes à sucre n'ont eu que des dépenses, c'est ce qu'il faut retenir».

Christine Normandin, députée de Saint-Jean et leader parlementaire  

L'Érablière Charbonneau appelle à l'achat local 

Un collectif d'érablières s'organise en 2021 pour demander aux gens de la Montérégie du Québec d'acheter des produits d'ici, acheter du prêt à manger lorsque c'est possible et surtout, pour faire pression auprès du gouvernement.  

À l'Érablière Charbonneau de Mont-Saint-Grégoire, la copropriétaire Mélanie Charbonneau croit que c'est l'avenir de toute une industrie au Québec qui est mis en péril sans un plan précis et défini qui ne comprend pas que des prêts avec pardon.

Selon elle, les revenus de repas de cabanes à sucre en salle représentent 80% du chiffre d'affaires d'une érablière moyenne,  alors il faut innover dans la mise en marché des produits et être créatif.

75% des cabanes en sucre du Québec sont en péril en 2021 et pourraient ne jamais rouvrir leurs portes, si rien n'est fait.

«C'est vraiment catastrophique et insécurisant pour l'industrie. Essentiellement, nous avons eu droit à des prêts avec pardon que nous devons rembourser. Et souvent, pour la Subvention salariale pour réembaucher les employés, il faut des chiffres et bilans pour l'année précédente, ce que nous n'avons pas. Alors, nous sommes un regroupement de 70 érablières partout au Québec qui demandons aux  citoyens de rechercher le logo «Ma cabane à la maison» cette année. À l'Érablière Charbonneau, nous allons préparer des mets pour emporter et ils seront disponibles bientôt. Mais ce sont des mets copieux...toutes les cabanes n'ont pas cette possibilité et le personnel pour le faire»

Mélanie Charbonneau, copropriétaire Érablière Charbonneau