Ventilation dans les écoles: toujours pas de tests sur la qualité de l'air

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La question demeure : Est-ce que l'air que respirent vos enfants à l'école est sain? Un rapport sur la ventilation dans les classes dévoilé par Québec cet après-midi ne donne pas la réponse.

Alors que la transmission de la COVID-19 dans les classes soulève des inquiétudes depuis des mois, le document indique plutôt que des mesures de contrôle de la qualité de l'air sont en place dans la presque totalité des écoles. Il est question notamment de l'entretien des systèmes et du remplacement des filtres.

Le ministère ajoute que «l'entretien ménager des systèmes de ventilation a été complété de manière conforme à 97,5 %».

L'analyse des 4000 établissements scolaires commandée par le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, démontre également que «les normes ont été respectées à 99,5 % pour la ventilation électromécanique et naturelle», c'est-à-dire en ouvrant les fenêtres.

Le ministre Roberge affirme être satisfait des mécanismes de contrôle mis en place

« Je veux rassurer la population : nos milieux scolaires sont sains et sécuritaires. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, il est encore plus primordial d'assurer une qualité de l'air adéquate dans toutes les écoles. Je suis rassuré de constater que les données compilées démontrent que les mécanismes de contrôle mis en place sont efficaces.»

-Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

Le ministre de l'Éducation a demandé que des tests de qualité de l'air dans les classes soient effectués à compter de la semaine prochaine «pour garantir que le niveau de dioxyde de carbone dans l'air des classes est conforme aux normes actuellement en vigueur et pour procéder rapidement, en cas de non-conformité, aux travaux et aux ajustements requis.»

Le réseau scolaire pourra profiter de la période des Fêtes pour procéder aux travaux qui pourraient être requis.

L'OPPOSITION EST DÉÇUE DE CE RAPPORT

Les partis d'opposition réclament depuis des semaines l’installation de détecteurs de CO2 et de purificateurs d’air portatifs dans les classes.

La députée libérale, Marwah Rizqy, a l'impression de «s'être fait un peu niaiser» par le ministre depuis deux semaines et estime qu'il «fait tout pour ne pas agir».

Même son de cloche du côté de Québec solidaire. La députée Christine Labrie affirme que le ministre Roberge a induit tout le monde en erreur.

« Cette sortie du ministre est une véritable insulte à l’intelligence! Comment le ministre peut-il soutenir que nos milieux scolaires sont sains et sécuritaires, alors qu’il vient tout juste de demander des tests de CO2, et qu’il n’aura pas les résultats avant plusieurs semaines? Déjà qu’il a induit tout le monde en erreur en faisant croire qu’il attendait un rapport sur la qualité de l’air, alors qu’il n’avait jamais demandé de prendre des mesures, le voilà maintenant qui présume des résultats de tests qui ne sont même pas encore effectués. C’est un manque de respect de sa part, et c’est irresponsable d’avoir attendu aussi longtemps avant d’exiger ces tests. On lui demande depuis des semaines, et jusqu’à aujourd’hui il disait que c’était inutile. »