Violence conjugale: des bracelets anti-rapprochement pour les ex violents

Violence conjugale ISTOCK lolostock

Devant la vague de féminicides cette année, Québec décide d'implanter des bracelets électroniques anti-rapprochements pour surveiller les ex-conjoints violents.

Il s'agit d'une première au Canada. Six autres pays, dont la France et l'Espagne, l'utilisent.

Le projet sera d'abord testé à Québec, dès le printemps prochain. Au total, 500 bracelets seront distribués à travers la province, d'ici la fin de 2023.

Les personnes reconnues coupables de violence conjugale ou en attente d’un procès sont visées. La victime devra toutefois d'abord donner son accord.

Les juges, la Commission québécoise des libérations conditionnelles et les directeurs d'établissements de détention pourront ordonner l'imposition d'un tel bracelet.

Concrètement, le bracelet que devra porter le contrevenant est muni d'un dispositif de géolocalisation et relié à une centrale d’appels. Une alerte sera déclenchée si l'agresseur se rapproche de sa victime dans un certain périmètre. Cette dernière aura quant à elle un récepteur qu'elle peut placer dans son sac à main et qui émettra le même signal d’avertissement que celui envoyé aux autorités.

Un policier sera ensuite envoyé auprès de la victime et un autre vers l'individu problématique.

« Ça aurait dû normalement prendre plus de temps, mais je pense qu'on n’a plus le luxe d’attendre le prochain féminicide ou d’attendre en fait Dieu sait quoi pour aller de l’avant. » -Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

Le projet coûtera 41 millions de dollars sur cinq ans au gouvernement, mais pour la vice-première ministre, «la paix d’esprit et le sentiment de sécurité des femmes n'ont pas de prix.»