Conciliation travail-famille en entreprenariat – une utopie ?

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Le terme conciliation travail-famille est un concept largement utilisé, mais qui paraît utopique dans sa terminologie, selon la Directrice du Projet de Soutien aux femmes entrepreneurs de l’École des entrepreneurs du Québec. Pour Stéphanie Bergot, il devient culpabilisant de penser qu’il est possible de tout concilier. En effet, des études montrent que les femmes ont souvent l’impression de ne pas être en mesure de répondre aux attentes, que ce soit de concilier le travail, la vie familiale avec les enfants, les repas, le ménage. Selon Statistiques Canada, en 2015, 48,9 % des femmes de 25 à 54 ans ont affirmé ressentir qu’elles ne sont pas parvenues à accomplir toutes les tâches qu’elles souhaitaient à la fin de la journée, contre 43,4 % pour les hommes. Les femmes canadiennes consacraient en moyenne 2,8 heures par jour aux tâches domestiques, soit 54 minutes de plus que les hommes. À la fin d’une semaine, ce chiffre grimpait à 6,3 heures de plus que les hommes. C’est pourquoi Stéphanie Bergot préfère parler d’intégration travail-vie personnelle. Tout doit cohabiter, et non se concilier.

 

Portrait : Chantale Alvaer, fondatrice de SOSprof 

https://www.iheartradio.ca/image/policy:1.16876860:1641502608/Chantale-Alvaer-SOSprof-3.png?w=635&$p$w=adfa9b4Chantale Alvaer l’a bien compris, en faisant des choix, elle parvient à joindre les différentes facettes de sa vie personnelle et professionnelle. Impossible d’être une femme parfaite, une mère parfaite, une conjointe parfaite. Difficile d’être entrepreneure en plus de cuisiner, de réaliser diverses tâches dans la maison, de faire les devoirs avec les enfants. Elle n’a aucune gêne d’admettre que parfois, il vaut mieux déléguer et accepter de l’aide. Elle a complètement rejeté les pensées qui lui dictaient que pour être une bonne mère, il fallait réaliser tous ces défis reliés à la gestion de la vie familiale au quotidien. Comme la fondatrice de SOSprof, plusieurs parents font face à des difficultés semblables quand vient le temps d’aider son jeune à faire des devoirs. Pourtant, Chantale Alvaer est enseignante et mère de trois enfants.

Passionnée de l’enseignement, elle a été professeure pendant six ans dans une école secondaire, où elle a plutôt eu la piqûre pour le tutorat. Elle a immédiatement senti les bénéfices du travail un à un qu’elle apprécie particulièrement et qui lui permettent d’offrir un accompagnement personnalisé, créatif et adapté aux élèves. « J’ai commencé à faire du tutorat à domicile et j’ai adoré ça, dit-elle les yeux pétillants. C’est aussi là que j’ai réalisé qu’il y avait une demande à l’intérieur des écoles. J’ai remarqué que les enseignants sont débordés et qu’ils aiment parfois plus la partie théâtrale que le un à un. » Ce qui la passionne particulièrement, c’est d’entrer en relation d’aide avec les jeunes. « Quand on fait du tutorat, on entre dans le foyer de la personne, dans son environnement familial, dans sa vie personnelle. On peut allumer une autre lumière chez les jeunes. C’est l’école, mais autrement. »

Après la naissance de son troisième enfant, elle a choisi de lancer une entreprise de tutorat plutôt que de retourner exercer son métier dans une école. Une idée qui rejoignait à la fois ses passions pour l’enseignement et pour l’entrepreneuriat. Elle insiste : la passion est l’élément clé de la réussite. « Il faut y aller avec son cœur. Quand on n’est pas passionné par ce que l’on fait, on s’essouffle rapidement. Moi, je suis en amour, SOSprof est comme devenu mon quatrième enfant. »

Avant de lancer son entreprise en juin 2015, Chantale Alvaer n’avait jamais touché à la comptabilité ni à l’informatique. Celle qui se considère comme autodidacte, entêtée, couronnée d’un brin d’insouciance, peut-être même de naïveté, n’a pas eu peur de foncer pour apprendre et avancer. « On me fait une jambette, je me dépoussière et je me relève tout de suite. Je suis une éternelle optimiste, je tourne tout au positif. » Elle adore maintenant la portion informatique et a su développer une plateforme en ligne qui facilite le jumelage entre un jeune et un tuteur.

Le chemin vers la réussite de SOSprof n’a pas été rose entre la conciliation travail-famille, une séparation temporaire, le train de vie effréné d’une mère monoparentale et la mise sur pied d’une entreprise dont le succès repose entièrement sur ses épaules. L’entrepreneuriat lui a montré à laisser de côté l’image de la femme et de la mère parfaite qui veut tout faire. Maintenant que SOSprof est en croissance, elle peut se rappeler d’où elle vient, du chemin parcouru et en être fière. « Mais il faut avoir un plan, de l’audace et une bonne structure, recommande-t-elle. En entrepreneuriat, il ne faut pas se questionner sur comment ça va être pour le futur, parce qu’on ne le sait pas. Utiliser les ressources et avoir un bon plan d’affaires a été la clé pour moi. »

L’entrepreneure espère maintenant continuer à faire croître SOSprof. Elle souhaite créer une application et déployer sa plateforme dans les communautés francophones des autres provinces canadiennes.

 

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