Les racines innues au cœur de l’entrepreneuriat autochtone

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Saviez-vous que le Canada compte quelque 23 000 femmes entrepreneures autochtones? Les femmes autochtones sont d’ailleurs deux fois plus nombreuses à lancer une entreprise que les autres femmes du pays! Au centre de leurs activités réside l’importance de la communauté et leurs rôles au sein de la famille, leur permettant d’offrir des produits et services novateurs.

Les femmes autochtones entrepreneures font toutefois face à plusieurs défis majeurs, notamment en ce qui a trait au financement et à la relation qu’elles entretiennent avec l’argent. Les modèles d’entreprises classiques ne sont pas adaptés à la culture autochtone, mais plutôt aux valeurs occidentales, ce qui rend l’atteinte des objectifs plus difficiles et représente un frein à l’entrepreneuriat autochtone. Les stéréotypes et préjugés font également obstacle aux femmes issues des différentes communautés, sans compter l’accès restreint à la technologie et à la formation.

Malgré tout, les entrepreneures se lancent souvent en affaires pour combler un manque au sein de leur communauté, mais selon le Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE), il est difficile d’atteindre un bon équilibre entre leur rôle d’entrepreneure et de mère.

Alors que les médias présentent souvent les hommes comme chefs de ces communautés, il est facile d’oublier que les femmes ont elles aussi beaucoup d’influence dans la communauté.

L’histoire de Sinipi Pashin de la communauté innue d’Ekuanitshit est celle d’une femme inspirante connue sous le nom Sylvie Basile qui, malgré les difficultés bien présentes, ne cesse de se démarquer. Dans son village, la grande majorité des gestionnaires sont des femmes et elles cherchent d’abord à susciter la fierté des jeunes Innus quant à leurs origines, ce que tente de faire Sylvie à travers ses nombreuses actions quotidiennes.

Son profil est plutôt atypique et c’est ce qui fait d’elle une entrepreneure si extraordinaire. Très scolarisée, elle possède un baccalauréat en administration des affaires, un certificat en intervention communautaire et poursuit ses études afin d’obtenir un certificat de perfectionnement en transmission des langues autochtones. Sa passion se transmet d’ailleurs dans son entourage grâce à son enseignement de l’histoire autochtone dans les écoles et sa présence dans le milieu des affaires de la Côte-Nord. Sylvie a même poussé son implication à un autre niveau en prenant part à la vie politique alors qu’elle fut pendant 3 ans conseillère élue dans le Conseil de bande. À l’image des femmes innues, elle est très ricaneuse et elle sait promouvoir son talent entrepreneurial grâce au savoir-faire traditionnel transmis de génération en génération.

Avec les femmes qui l’entourent, elle travaille au développement d’une entreprise qui met de l’avant les produits du terroir. Elles procèdent à la transformation de petits fruits typiques de la région en confitures. Les airelles, la chicoutai et les bleuets sont au cœur de leur production 100% artisanale qui fait rayonner les produits de la Côte-Nord et les nombreux talents qui peuplent son territoire. La cueillette des fruits a toujours été importante dans le mode de vie traditionnel des autochtones et elle demeure une belle façon de côtoyer le territoire et de renforcer les liens tissés avec la terre, pour ainsi transmettre les traditions ancestrales.  

Les confitures et la cuisine traditionnelle innues attirent d’ailleurs l’attention de grands chefs du Québec, entre autres lors d’événements de dégustations organisées par Tourisme Côte-Nord, tels que celui de Montréal en novembre 2019. Les produits des femmes de Ekuanitshit (Mingan) ont surpris les gastronomes à la recherche de nouvelles saveurs et d’originalité. La vague d’achat local suscitée par la pandémie a d’ailleurs mis le vent dans les voiles de Sylvie tout en lui donnant la possibilité de rêver plus grand. En tant qu’entrepreneure, elle est tournée vers l’avenir et a comme objectif à long terme le développement des affaires dans sa région et la poursuite de l’enseignement afin de faire perdurer la culture autochtone et ses racines dans le temps.

L’histoire de Sylvie vous inspire et vous voudriez vous aussi lancer votre propre entreprise? Il est important plus que jamais de créer des espaces sociaux qui permettent aux femmes autochtones d’avoir les outils nécessaires pour se réaliser et de lutter contre les préjugés.