Langue parlée à la maison: pas un bon indicateur, selon un candidat du PLQ


L'aspirant député dans la circonscription de Jean-Lesage à Québec, Charles Robert, balaie ainsi les données jugées inquiétantes du dernier recensement de Statistique Canada, sur le recul du français. (Twitter | Dominique Anglade )

La langue parlée à la maison n'est pas un bon indicateur de l'état du français au Québec, selon un candidat libéral.

L'aspirant député dans la circonscription de Jean-Lesage à Québec, Charles Robert, remet en question le recours à des données jugées inquiétantes du dernier recensement de Statistique Canada, sur le recul du français à la maison.

Il accuse du même souffle les caquistes, avec leur réforme de la Charte de la langue française, de «dévier le débat» vers la langue parlée à la maison: «On est en train de dire aux Québécois ce qu'ils devraient faire dans leur maison. [...] L'État n'a rien à faire dans ma cuisine.»

Il ajoute ainsi son grain de sel à la controverse linguistique qui agite le PLQ. Dimanche, la cheffe libérale Dominique Anglade avait jugé ces données inquiétantes et préoccupantes, tandis que son équipier candidat dans Acadie, André A. Morin, n'était nullement inquiet et avait dû ensuite corriger le tir.

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Selon les chiffres publiés à la mi-août, le pourcentage de Québécois parlant principalement le français à la maison est passé de 79% à 77,5% depuis le précédent recensement de 2016.

«Moi, je pense que ce n'est pas un bon indicateur», a dit M. Robert en mêlée de presse lundi matin.

M. Robert a laissé entendre qu'il faut plutôt investir les efforts ailleurs.

«Évidemment, de nouveaux Québécois entrent au pays chaque année» et il est normal qu'ils n'aient pas encore recours au français à leur domicile.

«On le voit dans les immigrants deuxième ou troisième génération, ils ont une connaissance beaucoup plus aiguë de la langue française.»

Selon lui, c'est la langue utilisée dans les interactions des Québécois dans l'espace public qui importe.

La langue d'usage, la langue parlée au travail sont ainsi de meilleurs indicateurs sur la situation linguistique au Québec.

«C'est une préoccupation quotidienne, on doit se battre pour conserver une spécificité francophone en Amérique du Nord», a-t-il assuré.

Note de la rédaction : La version initiale de cet article indiquait que Charles Robert «balayait» les données de Statistique Canada. Ce terme a été remplacé pour mieux refléter le point de vue de M. Robert. Pour plus d’information, consultez les normes éditoriales de Noovo Info.»