Les syndiqués de Postes Canada contestent la vaccination obligatoire

Postes Canada

La politique de vaccination obligatoire des employés de Postes Canda pourrait être suspendue dès la semaine prochaine suite à une demande d'injonction du Syndicat des travailleurs(es) des postes (STTP). Les employés qui refusent de se faire vacciner seront suspendus sans solde à compter du 26 novembre si le statu quo persiste.

Le syndicat a déposé, lundi, une demande d'arbitrage pour suspendre complètement la politique de vaccination des employés en attendant de débattre sur le fond. La cause sera entendue mercredi par les tribunaux. Le recours sera beaucoup plus rapide que le grief national déposé également lundi pour contester la mesure du gouvernement Trudeau.

«Une ordonnance intérimaire de cesser ou de ne pas faire (injonction) nous permet de demander à l'arbitre de nous entendre le plus rapidement possible. Mercredi prochain, l'arbitre va entendre les partis, pas sur le fond du dossier, mais sur l'urgence de la situation d'implanter ou non la politique.» - Nancy Beauchamp, directrice nationale STTP de la région du Montréal métropolitain

Tous les travailleurs de Postes Canada avaient jusqu'au 12 novembre pour déclarer de manière confidentielle leur statut vaccinal. Les travailleurs non vaccinés sont contactés un à un pour vérifier s'ils souhaitent recevoir une première dose de vaccin d'ici le 26 novembre. L'employeur et le syndicat n'ont aucune idée du taux exact de vaccination des 76 000 employés partout au pays: «Si on y va comme la population dont le taux de vaccination est d'environ 85%, c'est à peu près 8 000 personnes qui pourraient se retrouver sans salaire à compter du 26 novembre.», explique Mme Beauchamp.

UN PRÉCÉDANT EN ONTARIO

Les travailleurs de Postes Canada pourraient bénéficier d'une décision en arbitrage rendue la semaine dernière en Ontario. L'arbitre John Stout a donné gain de cause au  Power Workers’ Union, un regroupement d'électriciens qui contestait la vaccination obligatoire imposée par l'Electrical Safety Authority qui encadre la règlementation et la sécurité dans le domaine. L'arbitre conclut: «qu'il est déraisonnable pour l'organisme d'obliger les employés à se faire vacciner sans proposer d'alternatives pour ceux qui refusent de recevoir leur dose ou de dévoiler leur statut vaccinal». Les travailleurs non vaccinés étaient prêts à se faire tester régulièrement pour éviter d'être suspendus sans solde, ce que refusait l'employeur.

Postes Canada ne permet pas non plus à ses employés non vaccinés de bénéficier d'un tel accommodement. Seuls ceux qui reçoivent une première dose de vaccins seront autorisés à revenir au travail à condition de passer un test de dépistage rapide deux fois par semaine. Ils bénéficieront ensuite d'un délai de 10 semaines pour recevoir leur deuxième dose de vaccins.

Au moins deux employés de Postes Canada sont décédés de la COVID-19 depuis le début de la pandémie. Le centre de tri de Ville St-Laurent à été frappé par une importante éclosion le printemps dernier alors qu'une trentaine de travailleurs ont contracté le virus.