Pourquoi Hockey Canada se mêle-t-elle de dossiers criminels ?


(Jason Franson | La Presse canadienne)

Hockey Canada est de nouveau sur la sellette alors que le public apprend, par un reportage du Globe and Mail, la découverte d’un deuxième fonds dédié à régler les cas de nature sexuelle au sein de l’organisation, une information démentie par la présidente intérimaire du conseil d’administration de Hockey Canada, Andrea Skinner. 

Michel Bherer a parlé du dossier mardi au bulletin Noovo Le Fil 22 avec Yves Boisvert, collaborateur. Voyez l'entrevue complète dans la vidéo ci-haut.

Mme Skinner a récemment pris la parole devant les élus fédéraux à la Chambre des communes rejetant les blâmes adressés à Hockey Canada dans le dossier des allégations d’agressions sexuelles.

À lire également : La présidente du C.A. d'Hockey Canada veut de la «stabilité»

Le printemps dernier, Hockey Canada a conclu une entente à l’amiable avec une jeune femme de 20 ans qui prétend avoir été agressée sexuellement par huit joueurs d’âge junior en juin 2018. La présumée victime avait intenté une poursuite au civil de plusieurs millions de dollars.

Concernant le travail du président et directeur général Scott Smith dans toute cette affaire, dont la démission a été réclamée par plusieurs, André Skinner estime que son travail mérite un «A».

À lire également : Les partis à Ottawa réclament la démission des dirigeants d'Hockey Canada

«La question qu'il faut se poser c’est de savoir: comment ça se fait que c’est Hockey Canada qui règle la poursuite pour des actes commis par des joueurs de hockey?», estime Yves Boisvert.

M. Boisvert croit qu’il s’agit d’une certaine façon «d’acheter le silence», mais surtout de protéger la réputation de l’organisation et des joueurs de hockey.

«Le statut des joueurs de hockey dans notre pays, et ça c’est une chose qui unit le Canada d’un bout à l’autre, c’est que ce sont des idoles. Ces gens-là, leur réputation doit être préservée», estime Yves Boisvert.

À lire également : Hockey Canada: une large part des cotisations va au fonds d'urgence

Hockey Canada aurait fait 22 versements en 30 ans pour des dossiers de nature sexuelle.

«Il y en a eu des cas. Et encore là: une organisation comme Hockey Canada possède une assurance responsabilité pour contre des fautes pouvant être commises. Évidemment, tu ne peux pas t’assurer contre des actes criminels alors elle avait son propre fonds», explique M. Boisvert.

«Hockey Canada avait son propre fonds et ne voulait pas que ça se sache, il est là le problème», croit Yves Boisvert.

Entre temps, le gouvernement du Canada met de la pression sur Hockey Canada afin que les choses changent. Avec le retrait de l’aide gouvernementale et le retrait de nombreux commanditaires, plusieurs s’attendent à ce qu’Hockey Canada réponde favorablement aux demandes des élus.