Des citoyens disent non à une usine d'asphalte à Sacré-Coeur

Des citoyens s'opposent à l'implantation d'une usine de béton bitumineux à Sacré-Coeur.

Des résidents du chemin de Lausanne s'opposent fermement à l'implantation d'une usine de béton bitumineux temporaire sur la carrière de Sintra dans le district de Sacré-Cœur.

Environ 55 d'entre eux étaient présents à la séance du conseil municipal, lundi soir, pour énoncer leurs préoccupations.

Le maire de Rimouski, Marc Parent, indique que l’usine faciliterait les travaux de pavage, notamment celui de l’autoroute 20, et que l’emplacement de l’usine sur le chemin de Lausanne permettrait de régler un problème de circulation, en évitant les détours que prennent des camions lourds près des écoles et des zones résidentielles.

Les citoyens sont consternés. Ils préfèrent de loin la circulation des camions à l’arrivée d’une usine d’asphalte.

Ils s'inquiètent notamment de la proximité du site de l'usine avec les résidences, de la baisse de la valeur foncière des maisons et du bruit causé par les activités, qui se dérouleraient 24 heures sur 24.

Marc Parent insiste : si le bruit devient trop dérangeant, les résidents pourront porter plainte à la Sûreté du Québec en vertu du règlement sur la nuisance.

Les gens s’agitent dans la salle du conseil. Plusieurs évoquent avoir déjà porté plainte pour le bruit, sans pour autant avoir vu de changement.

Étant alimentés en eau par des puits, ils se disent également préoccupés par le risque de contamination de l’eau, de la nappe phréatique et de la propagation d’éléments toxiques dans l’atmosphère.

«  On vit dans un petit paradis et on veut continuer de pouvoir faire sécher notre linge dehors l’été sans qu’il sente le goudron. »

Pierre Desforges, résident

Selon le maire, seul le ministère de l’Environnement sera en mesure d’évaluer les risques et de donner le feu vert, ou non, au projet. Ce dernier doit toujours remettre son évaluation dans le dossier.

Les élus lors de la séance du conseil municipal du 5 novembre 2019.

Maude Parent, journaliste Bell Média

« Les capacités d’intervention de la Ville de Rimouski sont extrêmement limitées, explique-t-il. Toutes les questions qui ont trait à la protection de l’environnement et à la possible contamination de l’eau relève du gouvernement du Québec, du ministère de l’Environnement et de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). »

Un ancien opérateur d’usine de bitume, Michel Damphousse, dénonce que les évaluations du ministère de l’Environnement et de la CPTAQ ne tiennent pas compte des risques pour les résidents du secteur. « Vous n’êtes pas préoccupés par le monde? La Ville est pourtant responsable de la sécurité civile. En cas d’incendie des matières hautement inflammables qui y seront manipulées, il n’y a pas d’aqueduc pour éteindre le feu », lance-t-il.

75 signatures

75 résidents ont signé une pétition pour demander l'abandon du projet.

Ils déplorent que la Ville n'ait pas tenu de processus de consultation afin d'informer les citoyens de l'implantation possible d'une usine de béton bitumineux dans le secteur.

Le maire se défend qu'un processus de consultation n'était pas requis, puisqu'il ne s'agit pas d'un règlement de modification de zonage.

Le 23 octobre dernier, la Ville de Rimouski a voté une résolution pour aviser la CPTAQ que l'utilisation du terrain pour ce type d'activité est autorisée par la loi.  Aucune modification de zonage n'était donc nécessaire.

Marc Parent explique que les problématiques soulevées ne relèvent pas de la Ville. La CPTAQ n'évalue pas les impacts sur le voisinage, mais uniquement sur la protection du territoire agricole.

La Ville assure qu'elle tiendra une séance d'information avec le ministère des Transports pour dévoiler les détails du projet au groupe de citoyens.

« La population a besoin d’informations additionnelles. Le ministère des Transports est disposé à rencontrer les personnes intéressées et nous allons tenter de faciliter cette rencontre dans les plus brefs délais. »

Marc Parent, maire de Rimouski

Ces derniers espèrent recevoir l’appui du conseil municipal et dénoncent le manque d’action dans ce dossier. « On va se faire empoisonner, nos maisons vont perdre de la valeur et vous, vous êtes supposés nous représenter », fulmine Pierre Desforges.