Elle se fait refuser un emploi en CHSLD en raison de son surpoids

Marie-Josée Landry s'est vu refuser un emploi en CHSLD, probablement à cause de son surpoids.

Une femme de 32 ans de Marieville, en Montérégie, est convaincue de ne pas avoir été embauchée comme aide de service en CHSLD à cause de son surpoids. Ce n'est pas la raison qui lui a été donnée mot pour mot, mais c'est ce que Marie-Josée Landry a compris entre les lignes... et elle est certaine que d'autres ont vécu la même situation.

 

Marie-Josée Landry, qui est chanteuse et dirige l'Agence Distinction, spécialisée dans les spectacles dans les résidences pour aînés, s'est retrouvée sans emploi en raison de la pandémie, comme bien d'autres. En attendant que la vie plus normale reprenne, elle a décidé de postuler comme aide de service pour les préposées aux bénéficiaires au Centre d'hébergement Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe, car elle voulait continuer d'aider. Ce poste consiste notamment à refaire les lits, amener les plateaux de nourriture, etc.

La jeune femme passe une entrevue d'embauche et un entretien médical, le tout au téléphone. Mme Landry ne présente aucun problème de santé, mis à part son surplus de poids. Elle reçoit ensuite, en l'espace de 20 minutes, deux courriels complètement contradictoires de deux personnes du CISSS de la Montérégie-Est, qui ne semblent pas s'être parlé avant. Bell Média a pu consulter les courriels en question.

Le premier contenait son contrat d'embauche et tous les documents reliés. Elle avait même déjà une date de formation la semaine prochaine. Mais surprise, l'autre lui indiquait qu'elle n'avait pas été retenue, car « sa condition physique pourrait affecter son assiduité au travail et mettre sa santé à risque ». On y ajoutait, par contre, « qu'il en va de soi qu'advenant une amélioration de sa condition avec une preuve médicale », sa candidature pourrait être reconsidérée.

Marie-Josée Landry estime qu'en d'autres mots, on lui demande de maigrir si elle veut travailler.

« D'après moi, ils ont fait un calcul de mon indice de masse corporelle (note: le poids versus la taille de la personne). Ils ont sûrement un barème à ne pas franchir pour embaucher et je le dépasse, j'en suis consciente. Je connais ma condition.  [...] Ils exigent [que je perde du poids] pour que je puisse repostuler. Je trouve cela complètement inacceptable. Il y a plein de gens dans le domaine de la santé qui ont un surpoids en ce moment, qu'on parle de préposés, d'aides de service, même d'infirmières. Ils ne les mettent pas à pied pour ça! »

- Marie-Josée Landry

Manque de personnel criant

La jeune femme, qui assure être très active et en forme, déplore que cette décision ait été prise sans qu'on ne l'ait jamais vue en personne. Elle comprend que le poids est un facteur de risque plus élevé pour les complications liées à la COVID-19. La jeune femme croit toutefois que la décision de se « mettre à risque » devrait lui revenir.

Marie-Josée Landry déplore la situation, d'autant plus qu'il manque de personnel dans le réseau de la santé et que tous sont débordés. Elle espère des changements.

« Je ne dois pas être la seule dans cette situation, il doit y en avoir d'autres qui ont postulé et qui ont été refusés. C'est important de souligner qu'il y a eu une discrimination pour les personnes en surplus de poids. Je trouve que ça porte atteinte à ma propre intégrité en tant que citoyenne. J'ai le droit d'être comme je suis, et si c'est mauvais pour ma santé, c'est mon affaire. Je trouve que c'est injuste de devoir changer notre condition physique pour obtenir un emploi, c'est  absurde. »

- Marie-Josée Landry

Une demande a été faite auprès du CISSS de la Montérégie-Est pour tenter d'avoir des explications. On devrait nous revenir sur le dossier.

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