Immigration: Un changement partiel qui ne règle rien dans la région

Le recul partiel de la CAQ sur sa réforme de l'immigration est bien loin de rassurer les dirigeants des cégeps de l'Est-du-Québec.

Le recul partiel de la CAQ sur sa réforme de l'immigration est bien loin de rassurer les dirigeants des cégeps de l'Est-du-Québec.

Si les étudiants étrangers déjà au Québec pourront toujours profiter du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), il n'y a absolument rien d'acquis pour les futurs étudiants internationaux.

Au Cégep de Matane, qui compte 40 % d'étudiants venant de l'étranger, quatre des neuf programmes proposés sont exclus de la liste approuvée par le gouvernement du Québec.

Cette liste identifie les programmes de formation où il y a une demande de main-d'oeuvre et pour lesquels des étudiants internationaux pourraient être admis.

Un véritable non-sens pour plusieurs dirigeants d'institutions scolaires de la région. 

« Demain matin, si je veux aller faire du recrutement en France ou à l'Île de la Réunion, les gens qui seront intéressés par ses programmes-là, je devrai leur dire qu'ils n'auront pas accès au programme d'expérience québécoise contrairement aux autres étuditants. C'est un très mauvais message que l'on envoie à l'international, je ne pourrai jamais garantir à un étudiant qui choisi un programme ou l'autre qu'il aura accès au PEC. »

Pierre Bédard, directeur général du Cegep de Matane

La perte de plusieurs étudiants entraînerait une modification de l'offre de formation, selon Pierre Bédard, puisque ces derniers complètent les cohortes. « Une perte d'étudiants entraînerait par ailleurs une perte d'enseignants et d'expertise, si ces derniers devaient quitter la région », explique-t-il.

Les intervenants de La Matanie estiment que la décision du gouvernement de la CAQ les privera de 5 M$ en retombées économiques.

Le directeur général de la Chambre de commerce de la région de Matane affirme que ces étudiants sont essentiels pour l'économie locale. « Ce sont les services d'hébergement, de restauration, d'activités récréotouristiques et nos différents commerces qui profitent de leur présence », note-t-il dans un communiqué.

Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, ces étudiants occupent également des emplois à temps partiel pendant leurs études et contribuent à combler des besoins une fois diplômés.

Avec la collaboration de Maude Parent, journaliste Bell Média.