L'accès à internet complique l'enseignement au Bas-Saint-Laurent

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L'accès à internet au Bas-Saint-Laurent complique la formation à distance et la situation est préoccupante pour la réussite des élèves. Alors que le télétravail et l’enseignement en ligne font partie intégrante de la nouvelle réalité liée à la pandémie, le Bas-Saint-Laurent demeure la région la moins bien connectée à internet en pourcentage de foyer au Québec.

Il s’agit d’un enjeu qui nuit grandement au développement régional et à l'éducation des jeunes, d’après le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas. Selon lui, 87 % des foyers bas-laurentiens sont branchés, comparativement à la moyenne nationale de 92 %. Près d’une personne sur deux n’a pas accès à internet dans la MRC du Témiscouata.

L’accès à internet pose réellement des bâtons dans les roues de la formation à distance et l’éducation des jeunes s’en trouve grandement affectée. « Internet haute vitesse est rendu aussi essentiel en 2021 que l’était l’électricité en 1950 », souligne le président du Syndicat de l’enseignement de la région de La Mitis, Jean-François Gaumond.

Ce dernier entend fréquemment des discours d’enseignantes et d’enseignants qui sont dans l’incapacité de donner une séance en direct adéquate en raison de la lenteur du réseau. Les images saccadées rendent l’enseignement et la compréhension de la matière difficiles.

Des élèves peinent à se connecter pour assister à un cours à distance si leur frère ou leur sœur utilise le réseau en même temps. D'autres doivent se déplacer dans des bibliothèques ou dans les écoles pour pouvoir suivre leurs cours en ligne.

Ces difficultés représentent un danger pour la réussite éducative, selon M. Gaumond.

« On veut que nos jeunes aient les mêmes chances de réussite qu’ailleurs au Québec. […] La pandémie a obligé le Québec à se mettre à jour du côté du matériel informatique en envoyant des tablettes LTE et des ordinateurs portables, mais tout ça ne sert à rien quand internet ou le réseau ne fournit pas à la demande. »

Jean-François Gaumond, président du Syndicat de l’enseignement de la région de La Mitis

Le déploiement de l’internet dans les milieux ruraux est aussi lent que le réseau. Maxime Blanchette-Joncas estime qu’il y a un manque de cohésion entre les paliers de gouvernement. Le fédéral espère brancher toutes les régions d’ici 2030, alors que Québec vise plutôt 2022.

Le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, en chambre.

Bloc Québécois | Maxime Blanchette-Joncas, député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques

Le député bloquiste demande au gouvernement Trudeau de transférer les sommes nécessaires pour accélérer le déploiement. « Malgré le contexte de pandémie, le gouvernement fédéral n’a pas pressé le pas pour accélérer la connexion internet et ça, c’est vraiment inacceptable. On voit que la situation s’est accentuée dans un contexte de pandémie, donc on voit mal comment un gouvernement qui veut vraiment passer à l’action vise encore 2030. »

Un frein à l’attractivité

Maxime Blanchette-Joncas croit que l’accès à internet a un impact direct sur l’attractivité et sur la compétitivité des entreprises.

« M. Trudeau a tenu un point de presse mardi matin pour demander à des entreprises de faire du commerce en ligne. Imaginez quand la moitié du territoire n’a pas accès à internet, comment il peut faire du commerce en ligne. On voit que le gouvernement est déconnecté de la réalité. »

Maxime Blanchette-Joncas, député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques

Alors que de nombreuses personnes quittent les grands centres pour s’établir en région, il estime que la connectivité favorisera la rétention de travailleurs et d’étudiants.