Le conseil municipal de Rimouski ébranlé par des commentaires haineux

Les élus de la Ville de Rimouski siègent lors d'une séance du conseil municipal.

Dans la foulée de l’exclusion de la conseillère du district du Bic des comités pléniers depuis le 11 mai, les élus municipaux de Rimouski ont été la cible de nombreux commentaires et attaques sur les réseaux sociaux. Plusieurs ont fortement dénoncer ces propos.

Alors que Virginie Proulx a confié que l’opposition n’était pas la bienvenue au sein de la table du conseil et qu’elle craignait être victime de tentatives d’intimidation, les élus ont été durement frappés par une vague de propos les accusant, entre autres, de suivre aveuglément les décisions du maire.

Plusieurs citoyens ont reproché au conseil municipal de faire preuve de manque de transparence et de suivre des pratiques antidémocratiques.

La conseillère du district de Saint-Germain, Jennifer Murray, a démenti ces accusations, lundi soir lors de la séance du conseil, les qualifiant de « cheap shot ». Elle a dit s’être senti « fragilisée et outrée par les commentaires de certains citoyens ».

« Lorsqu’on nous dit qu’on est muselé, qu’on est des moutons, qu’on est suiveux, c’est tout à fait faux. Dire qu’on est une structure dictatoriale, c’est n’importe quoi ! Ce n’est pas vrai qu’on est victime d’intimidation lorsqu’on s’oppose sur certaines décisions. »

Jennifer Murray, conseillère du district de Saint-Germain

Le conseiller de Sainte-Odile, Grégory Thorez, abonde dans le même sens. « Personne autour de la table n’est un mouton, affirme-t-il. J’ai la liberté de parole en plénier, j’ai la liberté de parole en séance publique. »

Les conseillers assurent avoir l’opportunité de s’exprimer, de partager leurs opinions et de s’opposer lors de débats. « Je vous assure que j’ai amplement l’occasion d’émettre mon point de vue, et si l’expression d’une opinion contraire à la majorité était synonyme d’expulsion, je dois reconnaître candidement que j’aurais probablement été éjecté depuis longtemps par mes collègues, pour ne pas dire dès les premières semaines suivant l’élection ! », a pour sa part admis le conseiller de Sacré-Cœur, Sébastien Bolduc, sur sa page Facebook.

Un lien de confiance brisé

Jennifer Murray confirme qu’un lien de confiance a été brisé avec Virginie Proulx, ce qui explique son retrait des comités pléniers.

« Pour se faire entendre, on n’a pas besoin de gueuler quand on n’est pas d’accord, souligne-t-elle. On peut le faire intelligemment et dans le respect. On avait une crainte à l’effet que de l’information pouvait être divulguée. »

Le maire de Rimouski indique qu’une succession d’événements ont contribué à ébranler le lien de confiance des élus envers la conseillère du Bic. Le 8 mai, un incident en particulier a poussé ses collègues à exprimer leur volonté de ne plus travailler avec elle en comité plénier. Marc Parent indique que le 11 mai, Virginie Proulx a eu l’occasion de se justifier. Un vote majoritaire a finalement provoqué le retrait de cette dernière des rencontres.

« Les autres membres du conseil s’inquiétaient que leurs prises de position ou des commentaires qu’ils émettent sous le couvercle de la confidentialité soient dévoilés, rapporte le maire. On travaille pour trouver des solutions pour reconstruire, rebâtir ce lien de confiance. »

Marc Parent estime que plusieurs commentaires exprimés sur les réseaux sociaux étaient gratuits. Il indique toutefois vouloir continuer à travailler pour la population.

Rappelons que Virginie Proulx continue d’avoir accès à toute l’information relative aux différents dossiers afin de poursuivre son travail auprès des résidents du Bic, et ce, même si elle est absente aux comités pléniers.