Les élus de Rimouski rejettent une résolution de Virginie Proulx

Les élus de Rimouski lors de la séance du conseil du 5 octobre.

Un projet de résolution pour plus de transparence au sein du conseil municipal déposé par la conseillère du district du Bic ne se rend même pas à l’étape du vote.

La proposition de Virginie Proulx n’a pas été retenue puisqu’aucun élu n’a tenu à l’appuyer.

Le projet de résolution visait un meilleur encadrement des discussions à huis clos. Virginie Proulx a sollicité le conseil municipal pour que celui-ci demande à la ministre des Affaires municipales d’appliquer la recommandation de la Commission Charbonneau qui suggère de rendre les débats publics.

« Je m’attendais à ce qu’il n’y ait pas d’appui, malheureusement. C’est décevant, parce que le projet de résolution n’était pas extraordinaire, on ne demandait pas à ce que tous les pléniers du jour au lendemain deviennent publics. Je pense que le travail doit continuer, parce qu’éventuellement on devra aller vers ça. »

Virginie Proulx, conseillère du district du Bic

À Rimouski, les discussions se déroulent à huis clos lors des séances plénières et les résolutions sont adoptées publiquement pendant les assemblées du conseil. Les élus peuvent tout de même prendre la parole pour exprimer leur opinion publiquement s’ils le désirent et les citoyens sont invités à poser des questions.

Cette méthode nuit à la démocratie, selon la conseillère du Bic. Mme Proulx s’est rendue à Québec le 24 septembre dernier pour remettre une lettre signée par une cinquantaine d’élus à la ministre Andrée Laforest. Elle-même exclue des séances plénières depuis le 11 mai, elle souhaite plus de transparence à la Ville de Rimouski, indiquant que des débats publics faciliteraient la participation citoyenne à la politique municipale ainsi que le travail des journalistes.

La conseillère municipale du Bic, Virginie Proulx

Virginie Proulx, conseillère du district du Bic

Le conseiller du district de Sacré-Cœur, Sébastien Bolduc, a soulevé la longueur des travaux en comité plénier, la complexité de certains dossiers et la confidentialité de certaines discussions pour justifier son refus d’appuyer le projet de résolution. Il craint que des propos soient repris hors contexte, ce qui pourrait nuire aux élus et aux débats.

« À mon sens, une disposition comme ça n’aurait pas pour lieu d’améliorer la démocratie, mais plutôt le contraire. Des élus pourraient se retenir de parler de peur que ce soit retenu contre eux. »

Sébastien Bolduc, conseiller du district de Sacré-Cœur

Il indique cependant être en faveur de la transparence et être ouvert à d’autres propositions pour rendre la politique municipale plus accessible. « J’ai confiance que les discussions sont démocratiques même si le processus n’a pas été rendu public en entier. »

Mme Proulx a cependant tenu à préciser que sa proposition ne vise pas à rendre les pléniers publics à 100 %. « Ce que je demande, et ce que plusieurs élus à travers le Québec demandent, c’est tout simplement de demander à la ministre d’encadrer les séances plénières. »

Le conseiller du district de Nazareth, Rodrigue Joncas, déplore que Virginie Proulx ait fait ses démarches sans consulter ses collègues. « C’est une démarche qu’a initiée Mme Proulx sans l’appui de son conseil municipal. On n’a pas été mis dans le coup. »

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