Redécoupage électoral: des citoyens préoccupés

Enseigne du district du Bic à Rimouski

Sentiment d’appartenance bafoué, non-respect du territoire et de l’identité villageoise, ce sont des termes qui sont revenus à maintes reprises lors de la consultation publique sur le redécoupage électoral mercredi soir à Rimouski.

Les citoyens ont pu faire part de leurs préoccupations aux élus en visioconférence. Une centaine de Rimouskois avaient préalablement émis leurs commentaires à la Ville par écrit.

Plusieurs ont dénoncé le fait que le découpage des districts électoraux aura des impacts sur l’appartenance qu’ont les citoyens envers leur quartier, notamment au Bic et à Sacré-Cœur. Le plan de la Ville de Rimouski propose que le territoire du Bic soit élargi jusqu’à l’église de Sacré-Cœur afin d’équilibrer le nombre d’électeurs dans ce district.

Selon le maire, Marc Parent, le sentiment d’appartenance va au-delà d’un district électoral, puisqu’il y a plus de quartiers que de districts. « C’est indéniable qu’il y en a plus que 11. N’empêche que chaque quatre ans, les lignes des différents districts ont toujours été modifiées. »

Cette procédure administrative, qui a lieu tous les quatre ans, vise à réduire l’écart entre le nombre d’électeurs confiés à chaque conseiller municipal. Le ministère des Affaires municipales exige que cet écart ne doive pas dépasser plus ou moins 15 %. Or, les districts du Bic et de Sainte-Blandine/Mont-Lebel ont déjà eu droit à des exemptions.

L’identité au cœur du débat

Si certains citoyens prétendent que le sentiment d’appartenance est plus significatif au Bic en raison de son caractère historique, de son milieu villageois et de sa fusion récente avec la Ville de Rimouski, le conseiller municipal de Saint-Robert, Jocelyn Pelletier, est en désaccord. Il mentionne que le sentiment d’appartenance est tel à Saint-Robert qu’une assemblée citoyenne a lieu mensuellement.

D’autres Bicois se disent frustrés de revoir le territoire touché après la fusion.

Théâtre du Bic

Sylvain Trudel est un ancien conseiller municipal au Bic. Selon lui, la fusion a été réalisée avec une promesse de maintenir le territoire, le milieu villageois et l’appellation du Bic.

« Ça serait une trahison de retoucher au territoire actuel. La fusion est récente, elle a à peine 10 ans, donc ça serait une bonne idée de garder la promesse. »

Sylvain Trudel, citoyen

« La réalité est que le Bic s’est joint à Rimouski en 2009, souligne le maire. Semblerait-il qu’il y a eu des engagements verbaux à l’effet que le territoire du Bic ne serait jamais touché, mais rien d’écrit. Et nous on doit jongler avec la pression provinciale. » Marc Parent croit que l’adoption du règlement permettrait de ne pas avoir à refaire le même exercice pour les quatre, voire huit prochaines années.

Le conseiller du district de Nazareth, Rodrigue Joncas, affirme que le statu quo est impossible, puisque ce ne sont pas deux, mais bien cinq districts qui devraient faire l’objet d’une exception en raison de l’évolution démographique.

« On vient enrichir le Bic de citoyens du district voisin qui est Sacré-Cœur. Ces citoyens, tous les quatre ans, voteront sous la bannière du Bic. »

Rodrigue Joncas, conseiller du district de Nazareth

Marc Parent dit être satisfait de la participation des citoyens et mènera une réflexion avec les conseillers municipaux à la lumière des commentaires reçus. Le règlement sera adopté lors de la prochaine séance du conseil, le 17 août, avec ou sans modification.

 

spacer