Visiter une épave en réalité virtuelle

Images de l'épave du Scotsman

Il sera bientôt possible de visiter l’épave du navire marchand Scotsman, englouti au large du Bic, en réalité virtuelle.

Le projet du Centre de développement et de recherche en intelligence numérique (CDRIN) et de l’Institut de Recherche en Histoire Maritime et Archéologie Subaquatique (IRHMAS) vise à utiliser l’intelligence artificielle afin de reconstruire des portions de l’épave en imagerie 3D.

Le projet fera l’objet d’une future exposition au Musée maritime du Québec situé à L’Islet-sur-Mer. Il s’agira d’une expérience immersive où les visiteurs, munis d’un casque, pourront se mettre à la place d’un plongeur-archéologue et découvrir l’épave en entrant et en se déplaçant à l’intérieur. Ils observeront différents artéfacts trouvés dans les vestiges, comme des tonneaux et des assiettes. Ils pourront s’informer sur l’histoire du Scotsman, cliquer sur des icônes pour avoir plus de détails sur différents éléments, voir à quoi ressemblait le navire avant son naufrage.

L’exposition sera une première au Québec. « Ce qui est nouveau c’est d’aller vraiment à l’intérieur au moyen d’une expérience immersive », explique l’archéologue subaquatique Vincent Delmas.

Des recherches sous-marines

Des images ont été prises lors de plongées sur le site de l’épave, puis des spécialistes du CDRIN ont reconstitué des éléments de l’extérieur du navire grâce à la modélisation 3D.

Une deuxième ronde de recherches sous-marines sera réalisée afin de prélever davantage d’informations, de photographies et de vidéos.

« Ça prend plusieurs milliers d’images et de la prise de vidéo continu. Plus il y a d’images, plus il y a de vidéos en continu, plus on va être capable de mieux le reconstituer, de le perfectionner. »

Vincent Delmas, archéologue subaquatique pour l’IRHMAS

Images de l'épave du Scotsman

CDRIN

Le navire écossais, construit en 1834, a été découvert au large du Bic en 2002, puis identifié en 2015. « C’est un bon témoin de la navigation, de tous les navires qui se servaient du fleuve Saint-Laurent comme d’une autoroute avant les chemins de fer et les routes, raconte M. Delmas. C’est assez emblématique de ce qu’était le commerce entre le Québec, le Canada et l’Europe. C’est souvent des navires comme ça, en bois avec un recouvrement en cuivre, qui faisaient les traversées transatlantiques. »

Dans la nuit du 20 au 21 novembre 1846, le Scotsman partait de Québec en direction de Liverpool et a rencontré une tempête. Les chercheurs pensent qu’il aurait frôlé les récifs du Bic, puis tenté de se rendre sans succès à l’île Saint-Barnabé. Huit des neuf membres de l’équipage ont péri dans le naufrage. « Une seule personne a réussi à survivre et à se rendre, on s’imagine en chaloupe, jusqu’à l’île Saint-Barnabé avant d’être secourue. »

La prochaine plongée est prévue au mois d’août et les travaux de montage, de reconstruction et de raffinement des images 3D auront lieu à l’automne. Le projet devrait voir le jour en 2022.

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