Un bracelet électronique aurait pu éviter la mort de Marylène Lévesque

Marylène Lévesque

Si l'agresseur de Marylène Lévesque, Eustaschio Gallese, avait porté un bracelet électronique avec géolocalisation, son décès aurait probablement été évité. C'est ce que conclut la coroner Me Stéphanie Gamache, dans son rapport d'enquête sur le meurtre de la Saguenéenne commis dans un hôtel de Sainte-Foy en janvier 2020.

Elle recommande que cet outil «soit considéré comme partie intégrante du plan correctionnel de tout délinquant qui est mis en liberté après une peine de prison pour homicide dans un contexte de violence conjugale».

Le bracelet électronique, déjà utilisé dans certains cas par Service correctionnel Canada, permet entre autres de valider les dires d'un délinquant s'il ment sur le respect de ses conditions de libération.

Il aurait donc été fort pertinent dans le cas d'Eustachio Gallese, qui était en semi-liberté pour le meurtre de son ex-conjointe au moment des événements. L'homme a usé de subterfuges pour contourner ses conditions, en prétendant notamment qu'il participait à une rencontre des Alcooliques anonymes le soir du meurtre.

«Je ne pense pas que cet outil doit être vu comme une forme d'ostracisme. Il doit plutôt être vu comme une mesure nécessaire et justifiée par le niveau d'intervention requise pour de tels délinquants», affirme la coroner.

Le rapport dévoile également que la jeune femme qui travaillait dans un salon de massage érotique ignorait les antécédents en matière de violence de son agresseur lorsqu'il est devenu son client en mai 2019. Eustachio Gallese a alors développé des sentiments amoureux qui n'étaient pas réciproques.

Quelques mois plus tard, la Commission des libérations conditionnelles du Canada lui a interdit de fréquenter des salons de massage pour des fins sexuelles, mais il continuait de rencontrer la victime à l'extérieur dans des hôtels de Québec, dont celui où est survenu le meurtre.

Rappelons qu'Eustachio Gallese a été condamné à une peine d'emprisonnement à vie sans possibilité de libération avant 25 ans après s'être rendu aux policiers.

Aussi efficace qu'un policier devant un accusé

L'avocat criminaliste Me Jean-Marc Fradette a déjà proposé à un juge l'utilisation d'un bracelet électronique pour l'un de ses clients. Il estime que ce dispositif assez répandu aux États-Unis est extrêmement efficace pour contrôler un accusé remis en liberté, même au-delà d'un contexte conjugal.

«Un bracelet comme ça, c'est comme un policier derrière un individu, c'est pareil. Si vous lui interdisez d'être entre telle heure et telle heure à un endroit précis, le système d'alarme va se déclencher et automatiquement l'agent de libération peut appeler les policiers.»

Il croit que le rapport de la coroner fera en sorte que le bracelet électronique sera désormais utilisé dans les cas lourds de libération conditionnelle.

À lire à ce sujet: 

Inscrivez-vous

Offres exclusives et promotions!